Dans la maison

Mr Germain est un prof de français désespéré de l’évolution de l’Education nationale et du niveau de ses élèves, pardon « apprenants » pour reprendre le jargon. Son intérêt se réveille avec la rédaction étrange d’un de ses élèves, moins nul que les autres.

Le jeune homme raconte comment il épie puis s’immisce et s’intègre à la famille d’un de ses camarades. Encouragé par son professeur qui voit en lui un talent d’écrivain, il l’alimente avec sa quête et ses rebondissements. Germain se croit Pygmalion mais se retrouve obsédé par cette histoire et c’est lui qui est manipulé par le gamin. A force de vouloir donner du relief à des personnages banals, les protagonistes vont créer des cataclysmes dans leur vie.

Ce film oscille entre plusieurs genres :  une critique de la bourgeoisie façon Chabrol, une éducation sentimentale, une manipulation… C’est drôle et inquiétant tout à la fois.

La description de la « femme de la classe moyenne » qui s’ennuie toute la journée et ne pense qu’à la déco est assez réjouissante ; le jeune Ernst Umhauer a la beauté du diable et un joli sourire sardonique ; Lucchini est excellent, sans en faire des tonnes. J’ai bien aimé et je suis complètement entré dans l’histoire qui joue beaucoup avec les clichés, mais de ce fait, je comprendrais que ce film exaspère.

Dans la maison, film de François Ozon avec Fabrice Luchini, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seignier, Ernst Umhauer – 2012