Le petit ami

Cela fait quelques belles années que j’entends parler de Léautaud. J’en ai l’image de l’ermite aux chats de Fontenay-aux-Roses, l’écrivain du Journal littéraire qui n’en finit pas d’être édité, un vieil homme atrabilaire couvert de loques et d’un vieux chapeau tout déformé.

A l’occasion de la parution récente de ses lettres, un article a rappelé son œuvre et j’ai eu envie de la découvrir ; me voilà donc à lire ce livre paru en 1903 et qui n’a pas trop vieilli.

Ce petit livre est un récit plus ou moins autobiographique. Léautaud raconte d’abord avec beaucoup de complaisance son compagnonnage avec les filles de petite vertu qu’il croise aux Folies-Bergères et autres cabarets. Les filles de cette fin XIXe dansent le chahut, pas encore le french cancan, et cherchent des protecteurs ; cela fait un peu penser aux tableaux de Toulouse-Lautrec.

Léautaud raconte aussi son enfance, élevé par son père qui gravite dans le monde du théâtre, abandonné par sa mère qu’il rencontrera une seule fois. Devenu adulte, il retrouve cette mère à l’occasion des funérailles d’une tante et commence à vivre une relation qu’il voudrait exclusive. Très vite la mère, qui a une autre vie, s’éloigne et abandonne à nouveau son fils. Cette dernière partie est assez poignante mais en même temps très superficielle : l’exigence exclusive, presque jalouse, du fils est surjouée et au final assez peu crédible.

Paul Léautaud – Le petit ami – Imaginaire Gallimard