Les vaches de Staline

Vaches de Staline - OksanenLe roman Purge a été un grand succès, son éditeur en a profité pour traduire le premier roman de cet auteur finlandais. On ne devrait jamais lire le premier roman d’un auteur après avoir apprécié un ouvrage plus abouti, je m’en mords les doigts… Ce n’est pas que ce livre soit mauvais, mais il est éprouvant.

Anna est finlandaise et vit en « Finno-Finlande » mais sa mère est estonienne. Le roman raconte la vie des 3 générations de femmes. La grand mère Sofia dans les années 40/50 avec l’arrivée des Russes, la déportation de ceux qui sont soupçonnés d’avoir côtoyé les Allemands, la dure loi du kolkhoze… ; Katariina, la mère, dans les années 70/80 avec les difficultés pour pouvoir épouser un étranger, la très difficile intégration en Finlande où les Estoniens sont considérés comme des Russes et leurs femmes comme des putes, les petits trafics pour graisser la patte aux fonctionnaires ou approvisionner sa famille estonienne et enfin Anna, la fille.

Ce livre est d’ailleurs l’histoire d’Anna, gamine prise entre deux mondes, qui doit cacher son origine en Finlande et qui n’a pas sa place en Estonie où elle va tous les ans avec sa mère. Dès son adolescence, Anna a des troubles du comportement alimentaire et ce roman est avant tout le récit de sa « boulimanorexie ». Elle nous raconte ses problèmes de poids en détail, avec dégueuli toutes les trois pages… il faut bien cela pour osciller entre 40 et 45 kilos et garder cet idéal. J’avais lu Petite, le livre de Geneviève Brisac sur son anorexie d’adolescente, à côté de celui-ci c’est de la rigolade…

Ce livre est pénible à lire du fait de cet anorexie qui dure et qui bousille la vie de cette jeune femme à la recherche d’un monde idéal. Comme dans Purge, le récit mélange différents époques racontées par différents protagonistes, ces récits racontent une Histoire récente, celle de l’Estonie,  et montrent son impact sur les individus.

Sofi Oksanen – Les vaches de Staline, traduit par Sébastien Cagnoli – Stock 2011