Vienne impériale

Un petit tour par Vienne donne un excellent grand week-end, même s’il a fait très froid. Quoiqu’ancienne capitale d’empire, Vienne est une petite ville : le centre historique est ceinturé par le Ring, boulevard qui remplace les remparts démolis vers 1870; et déborde assez peu de cet espace ; de ce fait, la ville se parcourt à pied, et se traverse en 15 minutes.

Vienne fait tout de suite penser aux valses, à Mozart, Freud, Zweig, Klimt… et la Sacher torte ! Mozart devenu une marque de confiserie, le portrait d’Amadeus orne des paquets de chocolats… et les boutiques de souvenirs débordent de Sissi ou de reproductions plus ou moins moches du Baiser de Klimt. Je reviendrai plus tard sur Klimt ; quant à Sissi, l’impératrice Elisabeth, elle n’était pas aussi dingue que son cousin Ludwig, roi de Bavière, mais elle en tenait quand même une sacrée couche : anorexique, jamais présente à la cour, elle n’a été populaire qu’après avoir été assassinée. La Hofburg (palais des Habsbourg) consacre quelques salles tout à fait kitch à cette pauvre petite fille riche et son époux qui est resté éperdument amoureux d’elle… L’Histoire retient plutôt qu’il l’a trompé assez vite, qu’elle même a été très sensible à un baron Hongrois et surtout que le règne de François-Joseph a commencé par la répression des révolutions bourgeoises de 1848 et a été un règne réactionnaire.

Hofburg, porte des Suisses
Hofburg, l’entrée

Vienne est célèbre grâce aux Habsbourg qui en ont fait la capitale de leur empire, et la ville le leur rend bien. Vienne était déjà présente sous l’empire romain, à la limite de la Pannonie. Au Moyen-âge, elle fait partie de la Marche de l’Est de l’empire carolingien. Ses premiers souverains sont les Babenberg auxquels succèdent les Habsbourg qui deviennent empereurs du Saint Empire Romain Germanique à partir de 1278, et le restent quasiment sans interruption jusqu’aux guerres napoléoniennes, pour devenir ensuite Empereurs d’Autriche puis de l’Empire Austro-Hongrois.

Couronne des Habsbourg
Stefansdom

Il reste peu de traces de la ville médiévale, si ce n’est la cathédrale St Etienne, Stefansdom, cathédrale gothique où les touristes ont le droit d’entrer mais surtout pas de déambuler. On trouve aussi Maria am Gestade ou le chœur de l’église des Augustins mais la ville a connu un grand développement au XVIIIe, sous les règnes de Charles VI et de la fille Marie-Thérèse. Charles VI a promulgué la Pragmatique Sanction pour permettre à sa fille de lui succéder, ce qui a déclenché la Guerre de succession d’Autriche (1740-1748) qui s’est terminée par un compromis : Marie-Thérèse règne sur l’Archiduché d’Autriche, les royaumes de Hongrie et de Bohème et elle épouse le Duc de Lorraine François-Etienne qui est élu empereur. Cette union crée la Maison de Habsbourg-Lorraine qui régnera jusqu’en 1918.

Tombeau de Marie-Thérèse et François de Lorraine
Schönbrunn
Schönbrunn, le parc et la Gloriette

Le couple François/Marie-Thérèse a permis le développement et le rayonnement de l’Autriche. C’est à cette période que Schönbrunn est bâti ou que les décors de la Hofburg sont mis en place. De leurs nombreux enfants, retenons l’héritier Joseph II et la reine de France, Marie-Antoinette.

Le Belvédère supérieur

La grande évolution de Vienne a été due à la suppression des remparts qui ont dégagé un bel espace  : le Ring, bordé par de de grands bâtiments : le Théâtre, l’Opéra, le Rathaus, le Parlement, de nombreux musées…

Rathaus, Hôtel de Ville
Parlement

Vienne est une ville cossue, bourgeoise, au prime abord on voit des bâtiments imposants , monumentaux mais sans trop de charme ; il faut prendre le temps de se promener dans la ville pour découvrir les ruelles ou les façades baroques des palais ou des immeubles. Le charme de Vienne vient aussi du fait que les gens sont aimables, pas pressés : dans un café, le serveur vous laisse le temps de vous installer, de choisir et ne vous met pas à la porte.

Façade d’un café

La tradition culinaire viennoise donne un cuisine bourgeoise : goulash (ragoût), Tafelspitz (bœuf braisé), Wiener Spitzel (escalope pannée que j’appelle milanaise). Il y a aussi quelques stands de vendeurs de saucisse, nous nous étions contents de prendre un plat chaud -et bon-. Et fin du fin, les pâtisseries viennoises sont excellentes, vraiment à tomber : Sacher Torte, chocolat avec de l’abricot (ou de l’orange) au milieu; Cardinal, biscuit et crème ; Maroni Torte, au marrons ; Anna Torte, chocolat et gianduja ; AppfelStrudel, aux pommes ; Zwetchkenkodel , aux prunes…

Pâtisserie Demel

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