Les mille et une nuits

Si un livre symbolise l’Orient, c’est bien « Les mille et une nuits » ; et pourtant ce livre doit largement autant à ses traducteurs français qu’aux sources traditionnelles. Une expo sur le sujet se déroule à l’Institut du Monde Arabe et commence par casser le mythe en nous révélant que Sindbad, Ali Baba ou Aladin ne font pas partie des recueils traditionnels de contes mais ont été ajoutés par Galland, le premier traducteur et créateur de la version moderne des Mille et une nuits.

Bien sûr, des contes et le recueil en « Nuits » existaient mais Galland a pris cette base de 35 contes et l’a magnifiquement augmentée avec sa version. Cette édition parue en 1704 est devenue la référence, au point d’être traduite dans le monde entier, y compris en arabe ! Galland a pas mal censuré les récits, gommant la dimension érotique, et une autre traduction est réalisée par Mardrus au début du XXe siècle (disponible en collection Bouquins, c’est celle que j’ai) ; cette nouvelle version est tout autant inventée. Enfin, une dernière version, basée sur les différentes sources, est publiée en Pléiade ; il semble que ce soit désormais la version de référence.

Tout commence par un roi cocufié, Schariar, qui tue sa femme puis se venge sur en tuant toutes les jeunes vierges de son royaume, bien sûr après avoir passé la nuit avec elles. Quand le cheptel commence a manquer, le vizir est bien embêté mais sa fille Shéhérazade (Schahrazade) se dévoue et ensorcelle son amant avec des histoires qui ne sont pas finies au petit matin, d’où la nécessité de garder la jeune femme en vie pour continuer le récit la nuit suivante… Elle raconte des histoires de roi (inspirées par Le livre des rois persan), des contes populaires, des récits d’aventures et de voyages ou des histoires de djinn et de magie.

Les mille et une nuits ne sont pas forcément aisées à lire par petit bout : les contes et récits sont imbriqués l’un dans l’autre et on a vite fait de perdre le fil. Le terme 1001 vient du turc et signifie un très grand nombre, il ne devrait pas être pris au pied de la lettre, mais certaines versions se sont adaptées pour arriver pile à 1001 nuits !

L’exposition qui se déroule à l’IMA présente d’abord le livre, ses sources et ses variantes puis décline différents thèmes (le palais, les guerres, les voyages…)  comme prétexte pour nous présenter des objets du monde arabe ou des variations sur le livre, récits de contes, extraits de films, opéras…

Les mille et une nuits – Institut du monde arabe jusqu’au 27 avril 2013