Arts de l’Islam au Louvre

Le Département du Louvre consacré aux aux Arts de l’Islam a ouvert fin 2012 et a été présenté comme une révolution. Il remplace un département déjà existant, que j’avais déjà vu et apprécié. Le nouveau Département a été déplacé et occupe la cour Visconti couverte pour l’occasion. Je n’ai pas été emballé par ce nouvel espace que j’ai trouvé froid et encombré.

L’accès au nouveau département est aisé mais les collections ne sont pas tournées vers l’entrée, je me suis demandé quel était le sens de circulation et si j’avais bien pris la bonne porte… L’espace est protégé du soleil par une résille métallique en forme de vague ; avec la lumière hivernale, j’ai juste eu l’impression d’être sous une natte de jonc qui écrase les volumes. En revanche, un espace ouvert sur le niveau inférieur permet d’avoir une vue d’ensemble de magnifiques mosaïques du monde romain.

Le premier niveau est consacré aux premiers temps de l’Islam, de 632 à 1000, on y voit la belle pyxide d’Al Mughira, mais aussi beaucoup de tessons et débris.

La collection continue au niveau inférieur. Les murs noirs doivent sans doute faire oublier l’écrin au profit des œuvres, j’ai juste ressenti une impression d’étouffement et de manque de clarté, impression renforcée par le manque d’espace entre chaque et l’entassement excessif à l’intérieur des vitrines.

On voit d’abord des pièces magnifiques de métal martelé, cuivre ou argent ; ce sont des décorations de fontaine comme le lion qui est devenu l’emblème du département, des chandeliers, des aiguières ou des bassins. Je me souvenais parfaitement du « baptistère de St Louis », les autres pièces sont tout autant impressionnantes.

J’ai été très déçu par le porche mamelouk qui a été présenté comme le clou de cette nouvelle organisation. On tombe dessus par hasard, il est enchâssé dans un mur et je n’ai pas trouvé qu’il soit particulièrement valorisé. Un peu plus loin, j’ai découvert des faïences iraniennes, à reflets métalliques, qui sont beaucoup plus intéressantes et mieux mises en valeur.

On passe rapidement devant les quelques tapis exposés qui semblent assez miteux dans leur pénombre et nous arrivons à la dernière partie consacrée aux empires modernes. Là, il n’y a rien à jeter !

Une vitrine nous présente un amoncellement d’armes, poignards avec des manches en jade, lames damassées, incrustées… Là encore j’aurai préféré un peu plus d’espace, mais des panneaux de pierre ajourés (jalis), des coffres, des dessins nous montrent la richesse et la finesse de l’Inde moghole avant de finir par les pièces ottomanes : beaucoup de faïence et surtout un mur splendide qui rassemble différents panneaux, on se croirait à Topkapi, l’expo termine en beauté.