Les fantômes du chapelier

A La Rochelle, Leon Labbé tient une chapellerie, s’occupe de sa femme malade et se rend tous les soirs au Café des Colonnes prendre l’apéro et jouer au bridge avec ses amis. En général, son voisin Kachoudas le suit mais ne se mêle pas à leur groupe. Depuis quelques semaines, 5 femmes ont été tuées, la ville tremble et le journaliste local correspond dans le journal avec l’assassin qui lui envoie des courriers avec des lettres découpées.

Kachoudas soupçonne Labbé et le surprend alors qu’un nouveau crime est commis. Il ne dit rien mais tombe malade. Effectivement, Labbé est l’assassin ; il a étranglé sa femme par exaspération et veut empêcher ses amies de lui rendre la visite annuelle, pour son anniversaire.

Labbé pense s’arrêter lorsque sa liste de victimes potentielles est remplie, mais son passé et ses faiblesses le travaillent, et il ne supporte pas que l’assassin soit considéré comme un pauvre type. Il tue sa bonne, puis une prostituée chez qui il se fait prendre.

Le rythme est lent, l’ambiance poisseuse, la ville et ses habitants sont dans l’attente d’un nouveau drame et Labbé semble d’abord indifférent. On voit très vite qu’il y a un problème avec sa femme ; c’est le regard de son voisin qui le trouble et le pousse à se justifier, son introspection nous fait découvrir ses failles, sa peur des femmes et la raison de son emballement. Encore une fois, Simenon semble écrire une œuvre minimaliste mais ses personnages sont vraiment complexes.

Georges Simenon – Les fantômes du chapelier – 1949

Adapté au cinéma par Claude Chabrol, avec Michel Serrault et Charles Aznavour