Oedipe roi

Ceux qui suivent ce blog auront remarqué mon goût pour les histoires mythologiques. Bien qu’il ait pas mal évoqué les légendes de Thèbes, Ovide ne parle pas d’Oedipe dans les Métamorphoses ; pour me replonger dans ce mythe chanté par Sophocle, j’ai relu cette traduction sortie en Série Noire.

Il peut paraître bizarre de mettre ce livre dans un collection de policiers mais tout le polar est dans ce livre : tragédie, enquête, victime inconsciente… Contrairement à beaucoup de traductions d’œuvres classiques, ce « roman » se lit bien, dans un style moderne et fluide qui garde toutefois une impression de pièce de théâtre antique accompagné par les chœurs.

Le roi de Thèbes Laïos est mort assassiné et le pouvoir est exercé par son beau-frère, le régent Créon. Le roi n’est pas vengé car les Thébains n’osent sortir de leur ville qui est menacée par un Sphinx mais l’oracle demande vengeance pour libérer la ville.

Un jeune homme arrive. En remerciement pour l’hospitalité qui lui est offerte, il se propose d’affronter le monstre, sans savoir que la récompense du vainqueur sera la main de la reine Jocaste, veuve de Laïos et sœur de Créon. Bien entendu, cet homme aux pieds gonflés est Œdipe, qui tire son nom de son infirmité.

Oedipe revient vainqueur, épouse la reine et ils auront 4 enfants : les garçons Etéocle et Polynice ; les filles Antigone et Ismène. Au bout d’une dizaine d’années, une série de catastrophes s’abat sur Thèbes et l’oracle reparle de la vengeance de Laïos. Mis au courant, Oedipe ordonne une enquête et décrète que le régicide sera banni. Il soupçonne d’abord Créon, puis le devin Tirésias qu’il refuse de croire. On apprend alors qu’Oedipe est le fils de Polybe, roi de Corinthe et qu’il a fuit sa famille quand l’oracle de Delphes lui a prédit qu’il tuerait son père et épouserait sa mère.

Oedipe comprend qu’il a été sur le lieu du crime, s’imagine qu’il a tué les assassins de Laïos et recherche le dernier témoin, le berger Phorbas. Alors qu’on lui amène ce berger, un messager de Corinthe, Iphicrate, vient annoncer la mort de Polybe. Oedipe se réjouit d’avoir déjoué une partie de l’oracle mais Iphicrate lui annonce que Polybe n’est pas son père, que c’est lui qui l’a amené à Corinthe. Il se trouve que c’est un berger de Thèbes qui lui a donné le bébé et Iphicrate reconnait alors dans Phorbas le porteur du nourrisson qui était attaché par un lien qui perçait ses chevilles.

Tout à sa recherche de vérité, Oedipe interroge un Phorbas réticent. Il insiste, remonte le passé et ne voit pas ce qui devient une évidence pour les autres. Jocaste se réfugie dans ses appartements pendant qu’Œdipe comprend enfin qu’il est le fils que Laïos a voulu tuer et qu’il est bien le meurtrier de son père et le mari de sa mère.

Il rejoint Jocaste qui s’est pendue et se crève les yeux. Obéissant aux lois qu’il a édictées, il quitte Thèbes, accompagné et guidé par sa fille Antigone.

Oedipe roi, traduit « du mythe » par Didier Lamason – Série noire 1994

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