Le festin de Balthazar

Une peinture de Rembrandt exposée à la National Gallery de Londres m’avait interpellée car je ne savais pas à quel épisode elle faisait allusion. Sans doute une scène biblique car il y a des caractères hébreux mais lequel ?


C’est un épisode raconté dans le Livre de Daniel qui se passe à Babylone pendant l’exil du peuple Juif. Le Balthazar en question est le fils de Nabuchodonosor, roi de Babel (Babylone).

Nabuchodonosor avait une politique d’intégration des peuples soumis, il a pris et éduqué des enfant juifs pour devenir des serviteurs du palais. Daniel est renommé Baltasar (du nom du dieu Bal) et devient végétarien pour respecter les interdits de sa foi ; il est vite repéré car il dépasse les mages en sagesse et en prudence et il devient un conseiller écouté du roi.

Nabuchodonosor est déchu ou est devenu fou, toujours est-il que son fils prend le pouvoir. Il organise un grand festin pour célébrer ses dieux et en profite pour utiliser les vases  en or pris au temple de Jérusalem, profanation que son père n’avait pas faite. Au cours du banquet, une main apparaît et trace sur le mur plusieurs mots que personne n’arrive à déchiffrer. Ce phénomène surnaturel n’est pas sans surprendre et inquiéter les convives, c’est le moment que Rembrandt représente.

Consulté, Daniel dit que c’est l’annonce de la fin de l’empire babylonien : les mots expriment que l’empire est terminé, qu’il sera divisé et que le roi ne sera pas sauvé car sa valeur morale est nulle. Effectivement, le soir même les Perses prennent la ville et Balthazar meurt.

Ce récit a été écrit bien après la prise de Babylone par les Mèdes, il y a un amalgame entre Darius et Cyrus le grand, roi de Perse, qui a pris le titre de roi des Mèdes et des Perses. Toutefois, Xénophon et Hérodote confirment que l’on festoyait à Babylone alors que l’envahisseur était à la porte.