Larmes d’albâtre

Le musée de Cluny présente les pleurants qui ornent le tombeau de Jean sans Peur. Ce tombeau est conservé au musée de Dijon actuellement en réfection et ces statues terminent une tournée internationale.

Petit rappel des ducs de Bourgogne, des Valois en rivalité avec les rois de France pendant la guerre de Cent ans : Philippe II le Hardi, fils du roi de France Jean II le Bon (1364-1404) ; Jean sans Peur (1404-1419) ; Philippe III le Bon (1419-1467) et Charles de Téméraire (1467-1477).

Jean sans Peur voulait un tombeau identique à celui que son père avait dans le monastère de Champmol, à côté de Dijon. Son fils commande le tombeau en 1443 au sculpteur Jean de La Huerta qui y travaille jusqu’en 1456 et son successeur Antoine Le Moiturier le termine entre 1466 et 1469. Le monument funéraire représente les gisants de Jean sans peur et de son épouse Marguerite de Bavière, l’originalité est une série d’une quarantaine de pleurants qui décorent le soubassement, insérés dans des arcatures de marbre. Ces pleurants son sculptés en albâtre et ont été enlevés de leurs niches pour cette exposition.

La mise en scène est très sobre et réussie : elle les place sur fond gris comme dans une procession. Les statuettes font une trentaine de centimètres de haut et représentent des dignitaires et des religieux. Elles sont bien dégagées et à hauteur de regard, nous pouvons admirer la finesse des traits, la précision des habits et les touches de couleur qui rehaussent certains accessoires, ceintures, chapelets, livres… Ces personnages sont vraiment de toute beauté.

Larmes d’albâtre, les pleurants du tombeau de Jean Sans Peur duc de Bourgogne – Musée de Cluny jusqu’au 3 juin 2013

Le musée de Cluny offre une autre expo intitulée Une renaissance, l’art entre Champagne et Flandre 1150-1250. Un «style 1200» s’est développé dans ces régions riches, dans la vallée de la Meuse et le périmètre de l’évêché de Liège. Le style se caractérise par l’intégration de formes antiques, l’inspiration de la nature ; pour un profane, ce style qui est censé être ni roman ni gothique reste parfaitement médiéval, la différence n’est pas évidente. Les cartels sont pédants et peu accessibles au néophyte mais les objets présentés sont superbes.

Le reste du musée présente des objets magnifiques ; la Dame à la Licorne est en balade au Japon mais ce n’est pas grave, les collections sont riches. En revanche, le musée est poussiéreux, le manque d’espace fait que les objets sont entassés ou présentés dans des vitrines qui n’ont pas été renouvelées depuis fort longtemps.