Une passion française

Le mythe des riches américains collectionneurs est toujours vivant, l’expo présentée autour de la collection Hays permet d’avoir un nouvel exemple. Depuis 1970, ce couple collectionne des œuvres d’artistes français de la fin du XIXe et début XXe.

Pas d’impressionnistes mis à part un Caillebotte mais des nabis et des fauves : Bonnard, Vuillard, Redon, Maillol, Degas… quasiment toute leur collection est déménagée à Orsay, il y pire comme garde-meubles ! Beaucoup de dessins, des meubles, des sculptures, l’ensemble est superbe et habituellement conservé dans la réplique d’un hôtel du faubourg St Germain construit à Nashville ou dans un pied à terre new-yorkais.

C’est une période et des artistes que je connais mal mais qui m’ont ébloui. Les toiles sont plutôt figuratives et très colorées, ça me va bien !

Les Hays possèdent un paravent de Bonnard que je trouve magnifique et qui est très bien mis en valeur dans cette expo. J’ai adoré le motif et le rouge du fond !

Une passion française : la collection Marlene et Spencer Hays – Musée d’Orsay jusqu’au 18 août 2013

J’ai profité de cette expo pour revisiter le musée d’Orsay dont je n’avais pas vu la nouvelle configuration. Les différentes salles ont des tons violine, gris ou vert céladon ; certains statues bénéficient aussi d’un fond de couleur et cela semble évident, tout ressort beaucoup mieux. Au 5e étage, on voit Paris au travers des horloges ; je ne me rappelle pas que la vue était aussi accessible et dégagée, offrant un panorama original avec vue du St Pierre de Montmartre, pas uniquement sur le Sacré-Cœur.

Les salles impressionnistes ont été entièrement repensées et le nouvel accrochage permet d’apprécier la continuité et l’évolution du mouvement. Il y a sans doute de nouvelles toiles ou alors la mise en valeur permet de découvrir autrement les œuvres.

Gauguin et Van Gogh ont aussi déménagé et sont visibles à partir de la galerie Françoise Cachin, consacrée aux néo et post-impressionnistes et aux sculptures de Rodin, Bourdelle et Maillol.

Là encore, ce rapprochement permet de mieux apprécier les collections, bien que les salles soient un peu trop petites. La galerie donne aussi accès aux toiles de Seurat, Signac, Cros, au début des Nabis et permet de mieux comprendre leur évolution artistique.