Les après-midi d’un fonctionnaire très déjanté

Les gosses de riches qui promènent leur ennui sont insupportables, même en Inde. J’ai très moyennement apprécié ce roman.

Jeune bengali de bonne famille, père gouverneur, études dans les beaux établissements du Darjeeling, Agastya Sen vient de réussir le concours de l’IAS et va faire un stage sur le terrain. L’IAS (Indian Administration Service) est l’équivalent de l’ENA, il se promet une belle carrière de haut fonctionnaire et commence par un stage d’observation à Madna, préfecture du milieu de l’Inde, pour découvrir la réalité des choses.

En fait, le boulot ne lui plait pas du tout, il s’ennuie mais ne sait pas quoi faire d’autre. Il doit d’abord faire le tour des services pour découvrir leur activité mais n’y va que le matin, glande le reste de la journée et passe son temps à se branler et fumer des joints. A sa décharge, la description des différents fonctionnaires ne donne pas envie…

Pour la seconde partie du stage, notre jeune fonctionnaire a la charge d’un « bureau du développement » dans un coin reculé où il doit s’occuper du bien-être de « tribaux », populations aborigènes encore nomades il y a peu et pas du tout intégrées. Il s’implique fortement dans sa mission mais, paradoxalement, c’est juste pour fuir le bureau et emmerder les fonctionnaires qui préféreraient remettre à plus tard la prise en charge des problèmes. Au bout du compte, il n’est pas certain qu’il acceptera le poste qui lui est attribué.

Les tribulations désabusées de ce jeune homme m’ont laissées indifférent, rien de déjanté, juste de l’ennui. En revanche, certains traits de la vue indienne ressortent et donnent un léger intérêt à ce livre : la différence intellectuelle et spirituelle des bengalis, la position des anglo-indiens et la fascination pour l’Angleterre, l’existence des « tribaux »…

Upamanyu Chatterjee – Les après-midi d’un fonctionnaire très déjanté, traduit par Clarisse Busquet – Laffont, Pavillons 2002