Recyclage

Les fêtes religieuses n’ont pas toutes été décidées au hasard, la plupart remplacent une célébration pré-existante. Les dates de certaines peuvent surprendre car elles ne correspondent pas exactement aux changements de saison, mais les dates des solstices et équinoxes ont été modifiées depuis l’époque romaine où ils étaient fixés au 25.

Chandeleur

La Chandeleur commémore la purification de Marie et la présentation de Jésus au Temple. C’est au Ve siècle que le pape a substitué cette fête aux célébrations païennes.

En février, c’est la célébration par les Romains de Februa, la mère de Mars, pour s’assurer que le dieu leur donne la victoire. Cette intercession maternelle se retrouve aussi dans le culte chrétien de Marie. La fête est célébrée tous les 5 ans (1 lustre) par l’illumination de la ville avec des torches.

Durant le mois de février les Romains célébraient aussi Pluton et les autres dieux infernaux pour obtenir leurs faveurs à l’égard des âmes des morts, les poètes évoquent plutôt le mythe de Cérès et Proserpine. Cette célébration était surtout faite par les femmes car « c’était une fable de leur religion » (dixit Voragine) ; elles passaient une nuit entière à chanter les louanges des dieux, là encore avec des torches.

Chez les Romains, on fêtait aussi les Lupercales aux environs du 15 février, en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux alors que les Celtes fêtaient Imbolc le 1er février en l’honneur de la déesse Brigit. Là aussi, les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, rite de purification et de fertilité au sortir de l’hiver, avant les semailles. Un autre fête celtique et germanique se greffe sur cette période marquée : la fin de l’hibernation des ours, célébrée le 24 janvier et marquant le début une période de réjouissance et de déguisements (en ours).

Quand l’Eglise décide de christianiser tout cela, elle remplace les torches par des cierges, bénis évidemment, et crée la « fête des chandelles » qui fut aussi appelée Chandelours. La flamme évoque Jésus « Lumière du monde », elle est supposée éloigner le Mal et les fidèles ramènent le cierge chez eux pour prolonger la protection, la finalité est la même… On en a aussi profité pour fixer au 1er février la Ste Brigitte et on a gardé les festivités et les déguisements pour Carnaval qui commence à cette période.

Pâques

Pâques est un fête mobile, dont la date change tous les ans. Elle est célébrée le dimanche suivant la 1ère pleine lune de printemps, donc après l’équinoxe (21 mars).

Jésus est mort au moment de la Pâque juive qui commémore la fuite d’Egypte et la fin de l’esclavage. Cette fête se situe le 14 du mois de Nissan mais les premiers chrétiens ont voulu une règle plus précise. C’est ainsi qu’ils ont assimilé la célébration de la Passion du Christ à l’équinoxe de printemps, qui est aussi la date de la Création selon une tradition juive : il est dit dans la Genèse que  Dieu créa le jour et la nuit de longueur égale. La fête chrétienne prend un « s » pour bien la distinguer de la juive et parce qu’on fête tout à la fois la Passion, la Crucifixion et la Résurrection du Christ. L’équinoxe était autrefois le 25 mars, ce qui explique que certains chrétiens fêtent Pâques à cette date.

Si le terme de Pâques fait clairement référence à l’héritage juif, le mot anglais easter est à rapprocher de Ostara, déesse anglo-saxonne du printemps et de la fécondité. On peut aussi mettre en avant un héritage mésopotamien car les fêtes du printemps dédiées à Ishtar/Astarté célébraient aussi la résurection.

Quant au lundi de Pâques, c’est le seul rescapé des 8 jours fériés.

Pentecôte

La Pentecôte correspond à la fête juive des Semaines, fête des moissons qui se situe 7 semaines (49 jours) après la Pâque ; Pentecôte vient de 50, la célébration allant jusqu’au jour suivant. Les apôtres s’étaient retrouvés pour cette fête importante dans le judaïsme et elle marque le début de l’évangélisation, donc le début de l’Eglise en tant que telle.

Toussaint

La Toussaint est une fête attrape-tout puisqu’elle sert à célébrer tous les saints et martyrs dont on aurait oublié la date… elle est indissociable du Jour des morts qui prolonge des traditions celtiques.

le 1er novembre marquait la fin de l’été chez les celtes, la fête de Samain (samhain ou samhuinn) qui marquait aussi le nouvel an. Samain est la période où les mondes des morts et des vivants peuvent communiquer, elle était précédée d’une veillée, devenue Halloween. L’église a bien tenté de transformer la relation avec le monde des morts (et des fantômes) avec la Toussaint, fête de la vie,  mais a dû se résoudre à créer le Jour des morts, le 2 novembre.

Noël

Noël est pile 9 mois après l’Annonciation (25 mars), l’ange ne s’est pas trompé ! Les chrétiens ont aussi attribué le jour de la naissance de Jésus au 25, faisant le lien avec le 25 mars, date de sa mort.

Cette date marquait la fin des saturnales et une fête solaire en l’honneur de Sol invictus (soleil invaincu), plus tardive, qui marquent le rallongement des jours et donc le retour de la lumière. A l’origine, c’est la date du solstice.

A la même période, on fêtait la déesse Strena en l’honneur de qui on s’offrait des cadeaux qui sont devenus les étrennes.

Épiphanie

L‘Épiphanie marque la fin du cycle de Noël, 12 jours et 12 nuits qui rappellent les saturnales, les anglais parlent encore de la Nuit des rois. L’épiphanie est une fête de la divinité du Christ ; pour les premiers chrétiens, c’était la date de la naissance de Jésus.

D’après Jacques de Voragine – La légende Dorée