Lichtenstein à Beaubourg

Non, ce n’est pas un hommage du centre Pompidou au confetti autrichien à usage des malfrats qui évitent  le fisc ! Roy Lichtenstein est un artiste américain (1923-1997) connu pour ses peintures reprenant les codes des comic strips avec le rendu des trames d’impression.

L’expo qui s’installe à Beaubourg pour l’été a déjà pas mal voyagé aux Etats-Unis et vient en France après un passage à la Tate Modern de Londres. Elle rend un bel hommage à cet artiste du Pop Art et nous fait découvrir les autres facettes de ses créations dans un parcours très bien pensé.

Lichtenstein a commencé par peindre en s’inspirant des cubistes et des expressionnistes. Il trouve son style au début des années 60 en utilisant les points de trames (Benday) utilisés en impression. Il s’inspire des illustrations « commerciales », les comics, pour réaliser une série de peintures inspirées des bandes dessinées.

Chacune représente un archétype féminin dans un cadrage très serré, parfois avec une légende qui rappelle le comics. Les contours sont marqués de trait noirs, le sujet est traité en couleurs primaires (jaune, rouge et bleu) en à plat ou en pointillé.

 

Ces portraits féminins représentent un courte période de sa carrière, terminée vers 1966. Tout en continuant à utiliser les points, il a réalisé des paysages ou a travaillé sur le trait, notamment avec une sérié de « coups de pinceaux », brushstokes. J’aime bien ce rendu qui donne l’impression d’un détail extrêmement agrandi de ses précédents tableaux. 

Lichtenstein  a travaillé sur le volume et a réalisé des sculptures assez originales, qui jouent de la perspective et gardent son style particulier. Il a peint des objets, miroirs, cadres de tableaux (épatant !), et s’est aussi inspiré des peintres qui l’ont précédé pour réinterpréter leur œuvre. Il a peint et sculpté les Poissons rouges de Matisse, refait des Cathédrale de Rouen de Monet, s’est inspiré de Picasso ou des surréalistes…

L’exposition nous montre aussi ses réalisations à partir de décors d’architecture, où il utilise plutôt les traits et des rayures, et poursuit l’approche chronologique avec des Ateliers d’artiste, qui offrent un hommage à Matisse ou des citations de ses propres peintures.

La série de nus montrent un évolution dans la conception de ses peintures, avec une utilisation différente des couleurs et des points qui ne se limitent pas au motif représenté. La dernière salle de l’expo m’a soufflé par la puissance des ses toiles inspirées de peintures chinoises et japonaises. Le paysage se fond et ressort d’autant mieux que certains détails sont peints de façon extrêmement précise, un bateau, un pont, un homme…

Je suis très critique sur l’art moderne et j’avais l’idée que Lichtenstein était un peintre gadget, j’ai découvert un univers qui m’a bluffé, une vraie créativité dans le travail sur les formes, les objets, les couleurs. En plus, cet artiste n’est pas du tout anxiogène, et cela fait du bien !