1Q84

C’était LE livre de la rentrée 2011, encensé par tous les critiques. Je ne l’ai pas lu à la sortie car on annonçait pour plus tard la sortie du 3e tome. Le voici en poche et en lecture de vacances.

Eh bien quoi ? il est où le chef-d’œuvre ? C’est long, très long, et assez moyen et répétitif. On joue avec un peu de fantastique, une histoire d’amour, au final c’est assez convenu et pas inoubliable.

L’histoire se déroule en 1984 et tourne autour de 2 personnages, qui font l’objet de chapitres alternés (procédé très vite ennuyeux).
D’une part, le garçon : Tengo Kawana, prof de maths et romancier en herbe est appelé à la rescousse pour réécrire le roman d’une adolescente un peu autiste ; d’autre part, la fille : Aomamé, animateur sportif dans un club chic et tueuse d’époux violents.

Le roman de Fukaéri que Tengo récrit, La chrysalide de l’air, est une histoire fantastique qui connait un grand succès. Fukaéri a fui une communauté sectaire quand elle avait 10 ans, la fille est assez étrange, parle peu et se réfugie chez Tengo. Sa présence rappelle à Tengo des souvenirs d’enfance et une petite fille qui l’a marqué vers 10 ans. Il part s’occuper de son père dans le coma et le besoin de retrouver cette gamine devient très fort. En même temps, il bascule dans le monde décrit dans La chrysalide de l’air, reconnaissable à ses deux lunes.

Aomamé est quasiment toujours appelée par son nom de famille, son prénom Masami est juste évoqué. La jeune femme a monté une espèce de club avec une de ses clientes particulières qui protège des femmes battues, à charge pour Aomamé de liquider les maris récalcitrants. Elle se trouve aussi basculée dans un monde parallèle, qu’elle appelle 1Q84, et qui se trouve être celui du roman. Une de ses missions est de liquider le leader d’une secte, c’est le père de Fukaéri qui lui explique qu’il entend des voix par l’intermédiaire de jeunes filles… Il lui raconte pas mal de choses sur la secte qui la perturbent et qui résonnent avec sa découverte du monde parallèle.

Bien sûr, la secte n’apprécie pas que son leader disparaisse et se met à la recherche d’Aomamé qui est la dernière à l’avoir vu vivant. Elle s’appuie sur un détective privé qui s’approche de la vérité. Depuis ses 10 ans Aomamé non plus n’a pas oublié Tengo et avant de mourir le leader lui a annoncé qu’il pense à elle. Elle décide de le retrouver plutôt que de fuir.

Bien entendu, tout finit bien dans le dernier chapitre. Ils se trouvent et reviennent dans un monde normal, bien qu’Aomamé se prenne pour la Vierge. Il aura fallu attendre plus de 1500 pages pour qu’ils couchent enfin ensemble…

Certes, cette trilogie se lit, mais je ne suis pas enthousiaste. D’abord, elle aurait pu être plus courte : le premier volume n’en finit pas de mettre les personnages en place et j’ai cru qu’il allait me tomber des mains, le deuxième est plus vif mais le troisième tire à la ligne avant une fin un peu rapide. L’histoire est gentiment fantastique sans le revendiquer, évoque quelques problèmes sociaux (la violence conjugale, les sectes), mêle une affaire sentimentale mais aurait gagné à être plus radicale.

Le monde japonais a sans doute ses particularités, mais la traduction est parfois un peu déficiente ; par exemple, je suis sûr que l’on peut trouver un équivalent à salary-men.

Haruki Murakami – 1Q84, traduit par Hélène Morita, avec la collaboration de Yuko Miyamoto – 10-18 2012, 3 volumes