Indigo

Ce roman est séduisant mais sans profondeur, à l’image de son titre tiré d’un vilain calembour (Inde I go). J’ai trouvé que cela commençait bien, tout de suite dans l’action, dans le rythme, mais l’histoire s’enlise et perd ce côté percutant des premières pages.

L’Alliance française de Trivandrum (Kerala) invite 3 personnalités pour une série de rencontres qui vont se révéler assez pitoyables. L’Inde sert de décor, on évoque juste la peur du terrorisme après les attentats de Bombay, quelques poncifs sur la misère et la saleté… On l’évacue très vite et l’histoire se concentre sur les tribulations sentimentales de nos français.

Il faut dire qu’ils sont assez gratinés ! Roland le bellâtre est un philosophe cabotin qui refuse de vieillir ; il est venu avec sa très jeune maîtresse, lui cache qu’il veut revoir une ex mais se fait piéger par elle. Charlotte, cinéaste vivant à New-York, est un peu névrosée et naïve ; elle est troublée par la mort récente d’une de ses amies qui a vécu en Inde et recherche ses traces pour se déculpabiliser. Géraldine, l’organisatrice, découvre que Raphaël est son fantasme de jeunesse ; elle se prend de passion pour lui, bien que mariée à un Indien, et cherche dans cette liaison à oublier un autre échec amoureux. Paradoxalement, c’est Raphaël, le beau ténébreux mutique et ombrageux, qui est le plus sincère, le seul à l’écoute des autres.

Ce roman n’est pas inoubliable, les personnages sont sans doute un peu trop stéréotypés, nostalgiques de leur jeunesse et de vieilles passions. Les rebondissements très convenus mais le livre se laisse lire.

Catherine Cusset – Indigo – Gallimard 2013