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La disparition d’Odile

J’aime l’ambiance des romans de Simenon mais ils sont souvent assez datés. Celui-ci est beaucoup plus intemporel : Simenon raconte le désespoir d’une gamine qui étouffe dans sa famille et, à quelques détails près, il pourrait être contemporain.

Les Pointet sont une famille bourgeoise de Lausanne. Le père est historien et passe sa journée à écrire, en rythmant son travail de 2 bouteilles de vin par jour. La mère traîne au lit ou joue au bridge et se tape quelques whisky dès la fin d’après midi. Ce n’est pas une famille où l’on se parle et leurs enfants vivent à côté d’eux sans rien partager, la tendresse leur venant de la bonne. Bob, l’aîné, suit des études mais Odile a arrêté au collège, n’a jamais réussi à poursuivre une activité et passe son temps dans des clubs où elle fume et s’alcoolise.

Odile part à Paris et laisse une lettre à son frère, le seul être qui semble compter pour elle. Comme elle annonce son intention de se suicider, Bob court à sa poursuite et la recherche. Il trouve sa trace mais sans la trouver. Odile veut attendre quelques jours avant de se suicider, elle traîne dans Paris et rencontre un garçon qui est le premier à être tendre avec elle. Décidée, elle se coupe les veines mais est sauvée par son voisin de chambre qui est médecin et prévient le frère. Bob arrive et Odile est toute heureuse que l’on prenne soin d’elle, de compter pour quelqu’un. Du coup elle voit les choses différemment, prend goût à la vie, décide de rester sur Paris et de trouver un travail, et peut-être de tomber amoureuse de son sauveur…

Simenon décline le thème de l’enfant gâtée malheureuse. Sans jamais juger, il montre une famille sans environnement affectif, une gamine de 18 ans sans repères et qui ne sait quelle voie choisir.

Simenon – La disparition d’Odile – 1971