Swan Peak

Pas de Louisiane, ni de New Iberia dans ce roman du cycle Robicheaux : la famille est partie pêcher dans le Montana avec l’ami Clete Purcell pour oublier les ravages de Katrina. Et bien sûr, les vacances vont être gâchées…

Clete rencontre d’abord un ancien membre de la bande de Sally Dio, gangster mort dans un accident d’avion. Cette rencontre le confronte à son passé, ravive les soupçons du FBI sur son rôle dans l’accident. Cette ancienne connaissance est maintenant au service de la famille Wellstone, richissimes texans à la réputation peu flatteuse. Quand deux doubles meurtres se déroulent à proximité de leur villégiature, Robicheaux et Purcell se mêlent de l’enquête, craignant que ce soit une tentative des Wellstone de les impressionner.

Une autre histoire se greffe dans le roman, autour de Jimmy Dale, un musicien métis victime d’un gardien de prison pervers, qui blesse son tortionnaire et s’enfuit. Or ce fuyard est l’ancien ami de l’épouse d’un des Wellstone et se retrouve aussi dans le Montana, poursuivi par Troyce Nix, son ancien geôlier, mais avec l’espoir de récupérer la belle.

Et voilà, on se retrouve avec plein de méchants qui se coursent les uns les autres… Pour autant, ce roman n’est pas caricatural, je dirais même que c’est un grand roman de Burke.

D’abord, on connait son art dans la description des paysages et il fait vivre les montagnes, les vallées du Montana, pays où il neige encore en juin. Ses descriptions me donnent beaucoup plus envie d’y aller que celles du Livre de Yaak qui se voulait un hommage à ce pays. Burke ne fait pas que planter un joli décor, on sent un vrai amour de ce pays sauvage où l’esprit profond de l’Amérique de la conquête et des westerns continue de vivre.

Et puis il y a Robicheaux et Purcell, leurs faiblesses, leurs fêlures qui en font des êtres fragiles et forts à la fois. Tous les deux continuent à se battre avec leurs fantômes, le Vietnam, l’alcool, ce qui en fait un peu des contre-héros d’autant plus exigeants avec les faussaires, les pervers et les roublards de tout genre. En revanche, je suis un peu plus réticent sur la belle histoire entre Troyce et Candace et la rédemption un peu facile du vilain canard, méchant parce que personne ne l’aimait.

James Lee Burke – Swan Peak, traduit par Christophe Mercier – Rivages 2012