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Braque

Mes quelques pérégrinations dans les musées m’ont fait croiser des oeuvres cubistes de Braque. Je savais qu’il avait été pote avec Picasso mais je croyais qu’il avait cessé de peindre car je ne lui connaissais pas d’autres toiles. L’expo rétrospective du Grand Palais, pour le cinquantenaire de sa mort, me permet de découvrir l’ensemble de son oeuvre qui est très variée. L’artiste n’était pas une bête de scène, un people comme Picasso, ses tableaux sont sans doute un peu plus exigeants mais l’expo redonne un rôle de premier plan à Braque, qu’il avait dans les années 50.

C’est une très belle expo, un bel accrochage qui met en valeur les toiles, qui n’hésite pas à juxtaposer plusieurs versions du même thème. J’ai particulièrement apprécié l’éclairage très bien pensé et je n’ai même pas eu à pester contre les cartouches, plutôt bien placés et lisibles.

Braque a commencé comme fauve et s’est beaucoup inspiré de Cézanne. Ses premières toiles montrent l’Estaque depuis la mer mais aussi côté campagne. Ses couleurs sont pas agressives, il utilise dans certaines toiles un mauve qui donne beaucoup de douceur et de luminosité.

Son évolution vers le cubisme est particulièrement évidente dans certains toiles présentées, variations sur un même thème. Ce n’est pas forcément une histoire de temps car  il peint des œuvres très différentes à peu près en même temps. Travail assez formel, le cubisme évolue entre versions analytique, synthétique… Ses coups de pinceaux animent ses toiles et c’est la magie de cette expo de nous montrer comment la peinture peut vibrer, être lumineuse même lorsqu’il n’y a que des camaïeux de beige et marron. J’ai l’impression que ses toiles sont plus vivantes que celles de Picasso, il faudrait pouvoir les comparer côte à côte, dans les mêmes conditions.

Braque a été blessé à la Guerre de 14, il a reçu un éclat d’obus dans la tête et est resté aveugle pendant quelques temps avoir été trépané. Son oeuvre d’après-guerre garde une recherche formelle proche du cubisme mais évolue. Un peu obsessionnel, il travaille des séries : ateliers, billards, oiseaux, largement présentées dans cette rétrospective.

Le talent de Braque a été reconnu : Nicolas de Staël l’a considéré comme le plus grand, il a gagné le prix de la Biennale de Venise (1948) et a été choisi pour décorer un salon du Louvre en 1953. Cette expo est vraiment formidable, elle m’a fait découvrir les différentes facettes d’un grand artiste, et me réconcilie avec l’art moderne !

Georges Braque – Exposition au Grand Palais jusqu’au 6 janvier 2014

Une réponse sur « Braque »

Les informations ici présentes sont relativement pertinentes et intéressantes. J’ai beaucoup aimé, cet article est vraiment bien ficelé et cela nous permet d’y comprendre un peu plus car le sujet est moins évident qu’il n’y semble.
Elsa Bastien / streetpress.com

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