Certaines n’avaient jamais vu la mer

Ce roman subtil évoque la vie des femmes japonaises qui ont émigré aux Etats-Unis au XXe siècle. Il ne s’attache pas à l’une ou l’autre d’entre elles mais parle de toutes et de chacune, ce qui donne une musique particulière, polyphonique et très sensible.

Ces femmes, parfois très jeunes, ont quitté leur famille, leur village pour rejoindre des inconnus qui les ont parfois trompé sur leur situation financière et elles se retrouvent à trimer dans les champs, les laveries, chez des particuliers. Il est important pour elles d’avoir des enfants qui naissent sur le sol américain, leur donnent le droit de louer des terres en leur nom mais grandissent en s’éloignant des valeurs traditionnelles.

La guerre change tout et petit à petit la méfiance grandit vis à vis de ces étrangers qui se croyaient admis. Des suspects sont arrêtés, mais très vite c’est toute la communauté qui est déplacée loin des côtes et des lieux stratégiques. Les américains s’habituent, rapidement et avec une indifférence effroyable, à leur absence compensée par des chinois, des philippins.

J’ai vraiment été touché par ce livre raconte une histoire universelle. La déportation des Japonais est évoquée avec beaucoup de pudeur et peut poser la question de l’accueil des immigrés, quel que soit le pays et l’époque.

Ce roman a obtenu le Prix Fémina étranger 2012.

Julie Otsuka – Certaines n’avaient jamais vu la mer, traduit par Carine Chichereau – Phébus 2012

Une réflexion au sujet de « Certaines n’avaient jamais vu la mer »

  1. Je partage ton avis, c’est un superbe livre tout de pudeur et avec une musicalité très particulière.

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