7 jours

Le dernier Deon Meyer remet en scène Benny Griessel, son flic abstinent, dans une nouvelle enquête trépidante et passionnante.

Un inconnu tire sur des policiers du Cap et menace de continuer jusqu’à ce que la police découvre l’assassin d’une jeune avocate. Le tireur prétend que la police connait le tueur et qu’elle le protège du fait de ses relations politiques. Griessel couvre l’enquête alors qu’il arrive dans une nouvelle unité et le solitaire va devoir travailler en équipe.

Jeune femme ambitieuse, l’avocate travaillait sur des cessions d’entreprises aux ramifications nombreuses et les pistes difficilement trouvées ne se raccordent pas au meurtre. Pendant une semaine, la tension monte, et d’autant plus que de nouveaux policiers tombent. Benny Griessel et ses acolytes vont finalement arrêter le tireur et connaître l’assassin ; ils nous offrent une enquête riche en rebondissements.

L’histoire est plus resserrée que dans A la trace, centrée sur l’enquête et c’est très bien. Le roman est aussi moins dispersé sur les difficultés de l’Afrique du Sud et gagne en efficacité. La complexité de cette société transparaît toutefois au travers des personnages, de leurs situations personnelles. Le roman est aussi basé sur Benny Griessel, son évolution, ses doutes, en font un personnage de plus en plus attachant, vieux renard dépassé par la modernité et rongé par la culpabilité de son attitude vis à vis de ceux qu’il aime.

Un bémol quand même : un petit détail peut gâcher une belle réussite et ici c’est le traducteur qui m’énerve ! Sans être un puriste de la loi Toubon, pourquoi créer des anglicismes quand des termes usuels peuvent faire l’affaire ? Je ne vois pas l’intérêt de créer le mot « forensique » utilisé tout au long de ce roman : un dossier forensique, le département Forensique…. L’adjectif anglais « forensic » se traduit aisément par « médico-légal », il suffit d’ouvrir un dictionnaire pour le vérifier et même Google le traduit par « légal ». Normalement les faiblesses du traducteur sont compensées par une relecture de l’éditeur, des correcteurs. A moins que le livre ne soit composé dans un pays à bas coût, voire non francophone, mais là j’imagine une mondialisation diabolique, des complots contre le bon sens… Heuh, j’imagine… vraiment ?

Deon Meyer – 7 jours, traduit par Estelle Roudet – Seuil 2013