Les fiançailles de Monsieur Hire

Ce roman est connu par le film de Patrice Leconte qui en a fait une excellente adaptation avec Michel Blanc qui joue un Hire assez inquiétant.

Villejuif années 30, cette banlieue est à la limite de la campagne et on y construit des immeubles pas trop luxueux. On a trouvé il y a peu le cadavre d’un femme sur un chantier, prostituée qui a été tuée pour voler son sac à main. Ce meurtre impuni met le quartier à cran.

La concierge qui n’en peut plus d’avoir peur se met à soupçonner Monsieur Hire un locataire peu loquace, solitaire, qu’elle croit avoir entendu rentrer tard le soir du meurtre. La police va se mettre à surveiller Hire, à la recherche d’un début de preuve. La filature permanente de Hire  le met mal à l’aise et en fait un suspect pour son entourage. Convoqué par le commissaire, il devient un coupable idéal, qui vit de combines et a déjà été condamné pour outrages aux bonnes mœurs.

Seul chez lui, Hire attend que sa voisine rentre pour la surveiller, la voir se déshabiller, la suivre quand elle sort le dimanche avec son ami Emile. Elle sait aussi qu’il a vu Emile cacher un sac chez le fameux soir et se rapproche de Hire pour obtenir qu’il taise à jamais ce secret. Hire se laisse apprivoiser par Alice, lui propose même de partir avec elle en Suisse mais l’attend en vain à la gare alors qu’elle cache les preuves chez lui. Il prend peur quand il revient chez lui, qu’il voit la police sur place et la foule qui le condamne déjà ; il s’enfuit par les toits et meurt de peur, définitivement coupable pour les témoins, laissant Alice indifférente à son sort.

On trouve dans le film la même ambiance poisseuse que dans le livre, un Hire un peu inquiétant, secret et que l’on sent vaguement coupable. On est loin des Experts, la surveillance de la police fait un peu sourire car cela semble de sméthodes un peu vieillottes mais au fond, c’est cette surveillance, ce faisceau de soupçons, qui renforcent le sentiment de malaise et on n’a que peu de pitié pour Hire.

Simenon 1933