23-5 c.civ.

Ce roman est complètement déjanté. Il raconte l’histoire rocambolesque d’un français qui se retrouve sans papiers et qui enchaîne les situations les plus abracadabrantes. Le style me fait penser à Philippe Carrese, avec des rebondissements permanents.

Un jeune Lillois fait un mariage blanc avec Maria, une latino-américaine qui va vite disparaître de sa vie. Un peu plus tard, il s’aperçoit qu’il n’a plus la nationalité française à cause de ce mariage et de l’application de l’article 23-5 du Code civil. Sans papiers et sans emploi, il se clochardise et décide de retrouver Maria pour pouvoir divorcer et redevenir français.

Quand il la retrouve, elle est menacée par un revolver tenu par un latino revêche. Son arrivée détourne l’attention de l’agresseur que Maria assomme et ils s’enfuient. Maria fait partie de la rébellion du San Théodoros, confetti chilien, en but à des traîtres que l’on va retrouver tout au long de l’histoire sous le nom de « péruviens » (ils se déguisent en musiciens à bonnet péruvien).

Une des histoires est la recherche de cette perte de nationalité, qui semble avoir été demandée (par qui ?). Notre héros se fait à nouveau courser par des péruviens, réussit à leur échapper avant d’entraîner une bande de skins dans un guet-apens pour libérer Maria. A la recherche d’un correspondant, ils causent sa mort et sont recherchés par la police en temps que témoins. A nouveau arrêté, notre héros ne veut pas que la police fasse le lien et se fait passer pour un San-Théodorien sans papiers et prend le nom de Jésus Empanadas.

Son histoire continue avec L742-3 CESEDA. Réfugié en Bretagne, Jésus se retrouve dans le collimateur d’un gendarme avant de s’enfuir, de participer à un réseau kurde et de se retrouver en prison non sans avoir fait un détour par l’Angleterre. Non seulement il fuit la maréchaussée de tout ordre mais un grand black costaud et vindicatif s’ajoute aux péruviens qu’il doit éviter ! Bien que toujours marié à Maria qui ne lui a pas accordé de faveurs, il se console avec toute une série de jolies filles, Fatou, Delphine, Colomba, Jocelyne… et se retrouve exfiltré à Cuba.

Si les plaidoiries de l’auteur, avocat dans le civil, sont du genre de sa prose, ça doit être rock dans les prétoires ! on est loin de l’ordre établi et le livre devrait être sponsorisé par les brasseurs flamands dont les produits sont vantés et largement consommés par nos personnages.

Pour une fois, on peut évoquer avec le sourire les drames des sans-papiers, des réseaux de passeurs, la surcharge de la justice… Une suite vient de paraître, j’ai hâte de lire 8 CEDH

Antoine Berthe – 23-5 c.civ. – Kyklos 2012