Terreur apache

Quelle excellente idée que cette collection de grands westerns dirigée par Bertrand Tavernier. J’ai trouvé un plaisir de gamin à me plonger dans ce roman d’aventures.

L’histoire se passe en Arizona en 1886. Toriano, entraîne un clan Apache dans une révolte qui menace de dégénérer et de durer. L’armée fait appel à Walter Grein, chef des éclaireurs pour le retrouver et le combattre. La politique s’en mêle, la mission est désavouée au profit d’une ambassade qui tourne court et Grein obtient les pleins pouvoirs pour éliminer la bande de Toriano.

Ce roman est tout à la fois une histoire d’hommes et un hommage à la nature. Les descriptions de Burnett donnent vraiment l’impression d’être dans la montagne, de suivre les pistes et de découvrir les canyons. La bande de Grein mêle des Indiens et des blancs, tous un peu barrés mais solidaires. Un brin sauvage, Grein s’est pris d’amitié pour Reb, un ancien sudiste qui est tout son opposé, alcoolo et joyeux. Petite description de Grein par son ami Reb : Il mène une vie saine, Doc. Il ne boit pas, sauf du whisky sec. Il ne fume que le meilleur tabac. Et il ne regarde aucune femme, sauf si elle est jolie.

J’ai apprécié que ce roman nous décrive de façon assez réaliste la vie des éclaireurs, la chasse aux rebelles. Il nous plonge dans la vie de l’Ouest au moment où les blancs vont éradiquer les dernières libertés des Indiens. Il montre aussi la mauvaise perception de la vie à l’Ouest par les politiques de Washington et critique allègrement la bureaucratie exacerbée et tatillonne de l’armée.

La traduction est fluide et j’admire l’emploi du mot « bouvier » plutôt que le folklorique cow boy.

William R Burnett – Terreur Apache, traduit par Fabienne Duvigneau – Actes Sud 2013