Le justicier d’Athènes

Une nouvelle étape dans l’internationale des polars : la Grèce. Markaris est le scénariste de Theo Angelopoulos mais aussi romancier que je découvre et qui a déjà fait vivre quelques aventures à son commissaire Kostas Charitos.

Charitos est un flic à l’ancienne, lent ringard et chiant, qui prend son temps et privilégie la réflexion sur l’action.Il est confronté à plusieurs crimes causés par un « percepteur national » qui tuent ceux qui refusent de régulariser leur situation fiscale. Le percepteur est plutôt bien vu de la population et l’affaire pourrait être étouffée s’il ne s’en prenait aussi aux hommes politiques.

L’intérêt de ce roman réside  avant tout dans sa description de la déliquescence de la Grèce actuelle, seule mafia au monde qui a réussi à faire faillite. Il dénonce l’incapacité des dirigeants, la misère des pauvres qui sont réduits au suicide, la gabegie fiscale, les coupes budgétaires qui fait dire à un des policiers : Avant on disait le salaire plus les primes, maintenant c’est le salaire moins les coupes. Le commissaire est confronté aux multiples grèves et manifestations qui rendent la circulation dans Athènes impossible et sa fille, avocate sans rémunération, pense à s’exiler.

Petros Markaris – Le justicier d’Athènes, traduit par Michel Volkovitch – Seuil 2013