Le Joueur

Voilà un livre que j’aurais dû lire bien avant ! J’ai toujours une appréhension avec les romanciers russes mais c’est sans doute dû à des lectures trop précoces. Après avoir apprécié Tolstoï, je me garde les autres pour les vacances où le temps de lecture est plus conséquent.

Cette découverte de Dostoïevski m’encourage à lire d’autres romans de lui. J’ai beaucoup aimé ses personnages complexes, son approche de leurs motivations, la description de la passion qui prend le joueur et le vertige qui lui donne envie de rejouer sans cesse.

Le narrateur s’appelle Alexis Ivanovitch, c’est le précepteur, l’outchitel, des enfants d’un général russe en villégiature à Roulettenbourg. Toute l’Europe se retrouve à prendre les eaux dans cette ville allemande célèbre pour ses casinos, c’est la préfiguration de la jetset de Monte-Carlo.

Le général a l’espoir d’hériter prochainement de sa tante, il a déjà bien entamé son capital et a mis en gage ses biens auprès du marquis Des Grieux, un français qu’il a connu en Russie. Le général est aussi très épris d’une Melle Blanche de Cominges, poule de luxe qui cherche à se placer, très intéressée par la perspective de l’héritage qui devrait tomber rapidement. Pour sa part, Alexis est amoureux de Paulina, la belle-fille du général qui lui préfère Des Grieux à qui elle doit aussi de l’argent.

Antonida Vassilevna, la grand-mère dont on attend la mort avec impatience, surprend tout le monde en débarquant à l’improviste et plutôt en bonne forme. Elle commence par casser l’ambiance en déclarant au général qu’elle ne lui donnerait pas un sou et embarque Alexis pour découvrir ce qu’est un casino. Elle commence à gagner, persiste et perd une fortune dans la soirée. Ecoeurée, elle décide de repartir mais finit par faire un détour et laisser ses dernières liquidités avant de prendre le train. Le général est bien dépité, abandonné par Blanche et ruiné par Des Grieux.

Pour sauver Paulina, Alexis va jouer pour elle et gagner. Lui qui s’était toujours refusé à jouer commence sereinement, perd la tête avec ses premiers gains et devient de suite un joueur compulsif. Il fait sauter la banque et malgré les conseils de prudence qui lui sont donnés, il continue et gagne 200 000 francs. Malheureusement, Paulina refuse tout de lui ; Blanche en profite pour lui proposer de partir à Paris dépenser rapidement cette fortune.

Ruiné en 2 mois, Alexis va devenir laquais mais, totalement accro, il tente en vain de se refaire par le jeu. Un ami anglais connu à Roulettenbourg lui donne quelques subsides, sans se faire d’illusions sur son cas désespéré.

Fedor Dostoïevski – Le Joueur, traduit du russe par Sylvie Luneau – Folio