Don Giovanni

theatreJe savais que Les Noces de Figaro étaient une adaptation de la pièce de Beaumarchais et je pensais que Don Giovanni était une version chantée de la pièce de Molière, il n’en est rien. Don Giovanni et Don Juan sont deux interprétations différentes de la même histoire ; l’opéra de Mozart met en musique un livret de Da Ponte.

Don Giovanni est bien sûr l’archétype du libertin qui séduit sans relâche tout ce qui porte jupon, quelque soit l’âge, la condition sociale ou la couleur de cheveu. Ce n’est plus de la séduction, c’est un tableau de chasse avec plus de 300 femmes en Italie, une centaine en France et plus de mille (mille et tre) en Espagne. Don Giovanni est accompagné de Leporello, son valet, qui n’a aucune illusion sur son maître et reste la voix de la raison.

Trois histoires de femmes se mêlent et s’imbriquent dans cet opéra. Don Giovanni tue le père de Donna Anna après s’être introduit chez elle incognito, elle réclame vengeance à son fiancé Ottavio et se consacre à son deuil ; donna Elvira est une femme séduite et vite abandonnée par don Giovanni qui cherche à se venger mais, jusqu’à la fin, serait prête à pardonner si son amant lui promettait de revenir à elle ; quant à Zerbina, don Giovanni tente de l’enlever le jour de son mariage avec Masetto. Avec bien des péripéties, cet opéra mêle comique et tragique et offre une conclusion bien morale où le Commandeur envoie don Giovanni en enfer.

Je connaissais vaguement ; bien sûr, la musique de Mozart est belle, mais découvrir cet opéra sur scène m’a enchanté et j’ai vraiment pu apprécier le rôle de chacun. La version que je viens de voir est montée par l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, structure qui promeut des artistes en début de carrière. J’ai trouvé la distribution excellente, notamment donna Anna (Yun Jung Choi) qui est magnifique dans ses duos avec Ottavio (Joao Pedro Cabral) ; Andiy Gnatiuk fait aussi un excellent Leporello ;  j’ai juste été moins séduit par Elvira dont j’ai trouvé la voix moins chaude.

En revanche, la mise en scène de Christophe Perton n’est pas convaincante avec un sol bleu rayé de rouge sensé représenter une piscine désaffectée (quel rapport ?) et des coursives en échafaudages qui se veulent modernes mais ne sont que pauvres. Cette impression est renforcée par une mise en lumière signée Dominique Borrini, très froide et assez chiche. Heureusement que l’œuvre et son interprétation se suffisent pour nous régaler.

Mozart, Don Giovanni par l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris