Le récital des anges

chevalierVoilà un roman ennuyeux et bancal qui se déroule à Londres au tout début du XXe siècle, entre la mort de Victoria et celle d’Edouard VII. J’ai persisté en espérant un mieux, mais en vain.

Le fil principal du roman est l’amitié de deux gamines, ce qui permet d’évoquer deux styles de familles, qui restent assez proches socialement. Lavinia Waterhouse, une des petites, est une romantique exaltée alors que son amie Maude Coleman est plus réaliste ; leur terrain de jeu favori est le cimetière où leurs familles ont des tombes voisines.

Le roman commence par une évocation d’échangisme chez les Coleman mais c’est juste une idée aguicheuse sans suite. L’histoire commence au cimetière qui est presque le personnage principal du roman, décrit avec précision, endroit de rencontre et de confrontation des milieu différents. Il faut dire que Lavinia a une passion morbide pour ce lieu, les anges qui le décorent et le cérémonial du deuil.

Les deux familles font partie de la bourgeoisie, les Coleman un peu plus aisés et progressistes que les Waterhouse ; la grand-mère Coleman est un archétype de belle-mère, conservateur qui plus est, et nous fait sourire. On ne sait pas grand chose de leur vie et le roman s’attache un peu à la bonne pour évoquer les conditions de vie des domestiques.

Et puis tout d’un coup, aux deux tiers du livre, Kitty Coleman, la mère de Maud, découvre les suffragettes et devient l’une des leurs. Le retournement du roman est hasardeux et les motivations de ces activistes sont très floues. Une dernière pirouette crée deux drames et voila le roman qui se termine.

L’histoire est faiblarde, quelques idées sont évoquées et auraient pu être développées, le texte n’est pas toujours cohérent, peut-être mal traduit (par exemple le pain est fait à la levure chimique mais la cuisine sent bon la cuisson du levain). Je n’en rajoute pas et recommande plutôt ses autres livres : La jeune fille à la perle ou La dernière fugitive.

Tracy Chevalier – Le récital des anges, traduit par Marie-Odile Fortier-Masek – Quai Voltaire 2002