Anna Karénine

livrex150Je profite des vacances au calme pour attaquer les gros classiques ; après Guerre et Paix il y a trois ans, voici le tour cette année de l’autre chef-d’œuvre de Tolstoï. Je savais que c’était une histoire d’amour malheureux, j’ai découvert un roman global qui nous fait vivre différents aspects de la Russie de la fin du XIXe.

Le roman compte une multitude de personnages et décrit quelques spécimens de l’aristocratie russe. Deux histoires se déroulent en parallèle : le roman s’attache à Lévine, noble campagnard volontiers philosophe mais assez simple, amoureux de Kitty avec qui il va former un couple harmonieux en opposition à Anna Karénine qui va vivre un amour adultère et tumultueux avec le comte Vronski.

Constantin Dmitrievitch Lévine, rarement appelé Kostia, s’occupe d’un domaine qu’il cherche à moderniser, confronté à l’opposition des paysans. C’est un être simple et torturé en recherche perpétuelle de l’absolu. Ses deux frères Nicolas Lévine et Serge Ivanovitch Koznychev sont très différents de lui. Au début du livre, Lévine revient à Moscou en espérant épouser Kitty, Catherine Alexandrovna Chtcherbatski, mais celle-ci est sous le charme d’un bel officier, le comte Vronski, et décline la demande.

Lors de la même soirée, le comte Alexis Kirillovitch Vronski et Anna Karénine ont le coup de foudre, Kitty est abandonnée et sombre dans une dépression qui sera soignée en prenant les eaux en Allemagne. Or Anna Arcadievna est mariée à Alexis Alexandrovitch Karénine, haut fonctionnaire de St Petersbourg dont elle a un fils.

Anna Karénine repart à Moscou où est aussi nommé Vronski. Ils deviennent amants, Karénine n’en veut d’abord rien savoir mais quand Anna lui avoue la vérité avec force, il envisage le divorce. Karénine pardonne à Anna mais elle s’enfuit avec Vronski en Italie avant de revenir en Russie. De retour, adultère, elle ne supporte pas de devoir rester isolée, devient jalouse de Vronski et finit par se suicider.

La vie de St Petersbourg décrite par Tolstoï est assez lugubre, coteries de princesses, dépenses somptuaires, beuveries d’officier… Anna est prise dans l’entourage de la princesse Betsy Tverskoï, cousine de Vronski qui l’encourage dans son adultère alors que Karénine est sous l’emprise de la comtesse Lydie Ivanovna, dévote qui régit vite sa maison.

Pendant ce temps, Kitty est revenue à Moscou, a accepté d’épouser Lévine avec qui elle va vivre à la campagne. Tosltoï insiste beaucoup sur les réflexions de Lévine, ses essais de modernisation. En opposition à Lévine, son ami Stépane Arcadievitch Oblonski, frère d’Anna Karénine, est le type de noble insouciant, infidèle et dépensier. Il est marié à Daria Alexandrovna (Dolly) Chtcherbatski, la sœur de Kitty ; il ruine sa femme sans se soucier de l’intendance.

Lévine ressemble beaucoup au prince Bezoukhov de Guerre et Paix, tant dans ses tentatives agricoles que dans ses réflexions philosophiques, Tolstoï met beaucoup de lui-même dans ce personnage.

Ce roman dépasse largement ces quelques bribes d’histoires. Il y a bien quelques passages sur la Russie ou des idées politiques qui créent d’inévitables longueurs, mais globalement le livre est passionnant. La multiplicité des histoires abordées, les personnages très vivants m’ont accompagné avec bonheur pendant cette lecture. Les héros aussi divers que ceux de Lévine, Anna, Oblonski ou Vronski m’ont tous fait vibrer.

Léon Tolstoï – Anna Karénine, traduit par Sylvie Luneau