Mille femmes blanches

1000femmesJe suis assez étonné par ce livre : je m’attendais à un roman historique, voire un roman d’aventures, alors que je me retrouve avec tous les ingrédients d’un roman sentimental avec la jeune fille rejetée par sa famille qui est choisie par un roi mais qui aime un autre prince. En même temps, ce livre n’est pas un roman de plage car il comporte quelques passages très durs et n’est pas forcément à recommander aux âmes sensibles.

En 1874, le chef Cheyenne Little Wolf propose au président Grant l’échange de 1000 chevaux contre 1000 femmes blanches : ces femmes épouseront les Indiens et leur enfants seront le lien entre les deux peuples. Grant souhaite l’assimilation des Indiens et donne son accord, avec l’idée que les femmes blanches feront intégrer les réserves aux Indiens. Mais ce projet révolte la population blanche et il est mené en catimini.

May Dodd, une des volontaires du premier convoi, raconte son aventure dans des carnets qu’elle tient pendant 1 an. May est la fille d’un gros industriel de Chicago qui est partie avec un contremaître de son père, en a eu deux enfants avant d’être envoyée à l’asile par sa famille pour dépravation morale. Ce choix est donc le seul moyen pour elle de recouvrer un peu de liberté.

La plupart des femmes qui l’accompagnent sortent aussi de l’asile ou de prison, l’une est muette depuis son viol, une autre a été abandonnée par son fiancé… La bande est riche de personnages hauts en couleur comme Helen Flight, peintre animalière, ou Femie, ancienne esclave qui ne veut plus être commandée. En chemin, May tombe amoureuse du capitaine Bourke avant de rejoindre les Cheyennes.

May est choisie par Little Wolf, les couples se forment et les blanches s’adaptent rapidement à leur nouvelle vie. La description de la vie des Cheyennes est assez succincte, je n’ai rien appris sur les Indiens des Plaines.

Alors que nos Cheyennes continuent leur vie de peuple chasseur nomade, de l’or est trouvé dans les Blacks Hills, territoire attribué aux Cheyennes et aux Sioux. En 1875, le gouvernement américain revient sur les accords signés, cherche à évacuer les Indiens des Blacks Hills et les forcer à rejoindre des réserves. Le peuple de Little Wolf décide d’attendre un peu mais l’ultimatum tombe en hiver alors qu’il ne peut plus se déplacer. Ne s’étant pas soumise à temps, la tribu est considérée comme rebelle et massacrée par l’armée un matin d’hiver, ni les femmes blanches ni les nouveaux-nés ne sont épargnés. Cette attaque de village paisible préfigure les guerres indiennes et fait largement penser au massacre de Wounded Knee qui interviendra une quinzaine d’années plus tard.

Le livre est un peu plus explicite sur la politique américaine vis à vis des Indiens, l’évacuation des territoires au profit des prospecteurs, la duplicité des politiques et la mobilisation de l’armée.

Au final, voici un livre qui n’est pas inintéressant mais un peu simpliste dans son approche. La description des américaines libres et indépendantes, la vie idéalisée des bons sauvages proches de la nature me semblent un fantasme et une préoccupation d’occidental contemporain plutôt qu’une description réaliste de la vie sur la Frontière à la fin du XIXe.

Jim Fergus – Mille femmes blanches, les carnets de May Dodd, traduit par Jean-Luc Piningre – Pocket

Une réflexion au sujet de « Mille femmes blanches »

  1. Tiens, j’avais lu ça quand j’étais au lycée. Ca ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais je me rappelle encore vaguement de l’histoire.

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