Renoir au XXe siècle

Renoir est l’un des impressionistes. Lorsque l’on dit cela, on pense tout de suite au Moulin de la Gallette ou aux guinguettes du bord de Seine. Renoir évoque aussi les petites filles au piano reproduites à l’infini, et jusqu’au dégoût, en chromos, canevas et boites à gâteaux.

Le premier choc que m’a causé Renoir remonte à pas mal d’années (+/- 1981) : j’étais allé voir une expo au Petit Palais qui présentait les acquisitions et dations récentes. Je me souviens encore de la surprise que j’ai eue devant 2 toiles représentant des couples qui dansaient. Les tableaux, verticaux, encadraient une porte et donnaient une impression de mouvement tout à fait extraordinaire.

J’ai redécouvert Renoir en 2007 à Londres, à l’occasion de l’exposition de la National Gallery consacrée à ses paysages. Cette exposition mettait en valeur un aspect du peintre tout à fait différent, très lumineux. J’ai été surpris par ses marines aux couleurs intenses.

Renoir XXeL’expo du Grand Palais est consacrée à Renoir au XXe siècle, soit une vingtaine d’années de production. C’est une exposition marquée par les nus et les portraits.

Renoir a quitté le mouvement impressioniste vers 1880, mais cette manière est encore présente dans de nombreuses toiles, surtout pour les paysages. J’ai retrouvé avec plaisir la Danse à la ville et la Danse à la campagne qui m’avaient tant plues et j’ai découvert que les Jeunes filles au piano sont admirables, d’une finesse et d’une tendresse merveilleuses.

Les portraits qui m’ont le plus charmé sont des oeuvres plus intimistes, notamment ceux qui représentent Gabrielle, la gouvernante, ou les enfants de Renoir, avec une mention particulière pour le portait de Jean en clown. L’exposition est complétée de nombreuses photos de famille, ce qui n’apporte pas grand chose, et d’un film où l’on voit Renoir peindre malgré son arthrite. C’est extraordinaire de constater que plusieurs des oeuvres exposées ont été peintes par un artiste qui avait les mains totalement déformées.

Les commissaires de l’exposition mettent en avant les nus de Renoir, mais je n’ai pas été touché par ces odalisques et baigneuses. De belles plantes, blondes plantureuses mais avec des petits seins, dont je n’aime pas la manière, le rendu, les poses. Une exception avec le tableau Gabrielle à sa toilette : peut-être parce qu’elle est brune… Je préfère garder en mémoire les panneaux de danseuses espagnoles ; les paysages ou les scènes intimistes qui sont d’une grande douceur et dont le rendu fait penser à du pastel.