Mathias Sandorf

SandorfCe roman de Jules Verne ne fait pas partie de ses incontournables mais je l’ai trouvé en référence dans plusieurs romans et je le recommande fortement. C’est un roman feuilleton hommage à Dumas et à Monte-Christo, on retrouve la même trame et sa réinterprétation se lit avec beaucoup de plaisir.

Le comte Mathias Sandorf, Etienne Bathory et Ladislas Zathmar sont trois patriotes hongrois qui se retrouvent à Trieste pour régler les derniers préparatifs d’une révolte financée par la grande richesse de Sandorf. Malheureusement, un de leur pigeons voyageurs est intercepté accidentellement par deux aventuriers, Sarcany et Zirone, qui se doutent qu’il y a là une éventualité de richesse. Sarcany met dans l’affaire Silas Toronthal, le banquier de Sandorf en proie  à de grosses difficultés. Sarcany et Toronthal vont dénoncer les patriotes qui sont arrêtés et enfermés dans une forteresse dont Bathory et Sandorf s’évadent alors que Zathmar est retenu.

Malgré leur évasion spectaculaire, les fuyards sont repérés par le saunier Carpena avant d’être recueillis et cachés par le pêcheur Ferrato. La dénonciation de Carpena entraine la capture de Bathory et l’envoi au bagne de Ferrato. La première partie se termine par l’exécution de Bathory et Zathmar et la fuite de Sandorf qui est considéré comme noyé alors que Sarcany et Toronthal reçoivent les biens des conjurés.

Une quinzaine d’années plus tard, on retrouve à Raguse Pierre, le fils de Bathory,  amoureux de Sava, la fille de Toronthal ; bien sûr, le banquier ne veut pas de ce parti. Sur les entrefaites arrive au port le richissime docteur Antékirtt dans lequel on reconnait vite Sandorf. Antekirt recueille deux acrobates valeureux, Pointe Pescade et Cap Matifou, et se rapproche de la famille Bathory. Et pour faire bonne mesure, voilà aussi Sarcany qui revient ruiné et exige d’épouser la fille de Toronthal, pour récupérer sa fortune.

Éconduit, Pierre Bathory manque de mourir d’un coup de poignard ; Antékirtt veille et le sauve mais lui révèle qu’il ne peut aimer la fille Toronthal à cause de son père. Pierre accompagne Antékirtt dans son domaine d’Antekirtta, une île au large de la Lybie dont il a fait une petite république. Leur mission commune est désormais de faire justice et de punir les coupables de la trahison.

Au cours d’une tempête au large de Malte, ils vont être sauvés par Luigi Ferrato, le fils du pêcheur, qu’Antékirtt recherchait désespérément. Luigi et sa sœur Maria sont désormais sous la protection d’Antekirtt. Ils retrouvent en Sicile la trace de Zirone, toujours de mèche avec Sarcany, et décident d’aller le rejoindre. Zirone leur monte un traquenard mais l’affaire tourne mal et il est tué au cours de l’attaque alors que Carpena est emprisonné par la gendarmerie.
Les aventures continuent à Monte-Carlo avec la capture de  Toronthal qui, toujours accompagné de Sarcany, a essayé de se refaire mais s’est ruiné définitivement. Carpena, lui, est récupéré au bagne de Ceuta mais il reste toujours Sarcany à attraper, surtout que l’on apprend entre-deux qu’il détient Sava qui se révèle être la fille de Sandorf…

Sava va être sauvée alors que Sarcany se mêle aux Senoussistes, une bande de terroristes islamistes (déjà !). Sarcany est capturé lors d’une attaque des Senoussistes qui cherchent à envahir Antekirtta et justice peut se faire. Bien sûr, Carpena, Toronthal et Sarcany sont condamnés à mort mais un accident bienvenu se charge de l’exécution… et tout finit bien, Sandorf a retrouvé sa fille qui peut se marier à Pierre et il bénéficie d’une amnistie.

L’histoire est pleine de rebondissements et nous captive vraiment. L’évasion vaut bien celle de la prison d’If et Antékirtt se retrouve richissime après un voyage en Orient, comme Monte-Christo. Les conjurés, leurs familles et leurs alliés sont pleins de noblesse alors que leurs dénonciateurs sont vils, incapables de retenir l’argent et terminent tous ruinés ; la grande richesse d’Antékirtt-Sandorf lui permet d’avoir des navires modernes, voire futuristes, un réseau de communication performant, mais au-delà de ces archétypes, le récit de Jules Verne est passionnant par ses descriptions géographiques, ethnologiques ou scientifiques et jamais ennuyeuses.

Jules Verne – 1885