Richard III

p79765_1La Guerre des Deux roses est une guerre de succession qui marque la fin de la dynastie Plantagenêt. Deux branches cousines se disputent le trône d’Angleterre à la fin du XVe siècle : les Lancastre à la rose rouge et les York à la rose blanche. Les belligérants s’appellent tous Edouard, Henri ou Richard !

C’est cette période qu’évoque Shakespeare dans la pièce Richard III. Richard, duc de Gloucester, est le 3e fils du duc d’York, il est boiteux et difforme. Son frère Edouard (IV) règne et a fait assassiner le roi précédent, un Lancastre. La pièce fourmille de personnages et il est un peu difficile de s’y repérer au début. Qui est qui, quelles sont ses alliances présentes et qui a-t-il trahi…

Nous suivons Richard, qui est un personnage ignoble, traître et manipulateur. Dès le début de la pièce, on découvre que son autre frère, le duc de Clarence, est en prison pour avoir trahi le roi, mais il meurt à l’instigation de Richard qui lui jure pourtant sa foi. Ensuite, il séduit la fille du roi qu’il a assassiné, puis montre tout sa haine envers la reine et sa famille.

Le roi Edouard est malade et meurt. Richard devient Lord protecteur et, avec son ami Buckingham, cherche le pouvoir en écartant du trône ses neveux. Il élimine tous ceux qui ne le soutiennent pas, et même Buckingham devra le fuir pour avoir refusé de tuer les princes. A la fin, Richard est hanté par les fantômes de ses victimes et c’est dans le dernière bataille qu’il réclame un cheval (mon royaume pour un cheval !). Cette pièce est un tragédie historique qui montre aussi le destin d’un homme qui cherche à se venger du monde entier à cause de sa difformité, qui manipule et trahi tout le monde.

L’adaptation présentée à la Piscine offre une mise en scène moderne, avec deux plateaux tournants concentriques, des cloisons qui se déplacent et permettent de figurer les différents lieux. La lumière est souvent crue, sans doute pour montrer la dureté des situations. En revanche, la bande son est désagréable, si quelques percussions marquent les grands évènements, les moments dramatiques sont soulignés par un son aigu (au début de croyais que c’était une ventilation mal réglée!).

Les femmes ont un rôle important dans cette pièce : Anne, la fille du roi assassiné que Richard séduit ; Margaret, la veuve de ce même roi, qui prévient de la future trahison de Richard et maudit tout les nobles qui ont trahi ; Elizabeth, belle-soeur de Richard, dont les enfants seront écartés du trône et tués. La seule actrice qui m’ait convaincue est celle qui joue Elizabeth, une furie qui se bat pour le pouvoir et une mère désespérée.
Le personnage de Buckingham est tenu de façon magistrale. Ce rôle, assez effacé au début, est en fait le double de Richard, tout aussi pervers et manipulateur. Quant à Richard, présent quasiment en permanence pendant près de 3 heures, l’acteur est phénoménal : il nous tient en haleine pendant tout le spectacle, sais rugir sans hurler et aussi nous émouvoir.