An american in Paris

Americain chateletUn Américain à Paris, c’est bien entendu le film largement oscarisé de Vincente Minelli avec Gene Kelly et Leslie Caron qui chantent et dansent sur la musique des frères Gershwin. Un film admirable dans un Paris 1950 un peu idéalisé, à voir et à revoir.

Ce film n’avait jamais connu de version scénique et des producteurs audacieux ont eu la bonne idée de lancer cette version coproduite par le Châtelet et Broadway (un petit cocorico pour saluer sa création à Paris). Le livret a été un peu revu et offre une histoire plus dense située dans le Paris juste d’après-guerre.

Jerry Mulligan, soldat américain démobilisé et artiste peintre, choisit de rester en France. Il fait la connaissance d’Adam Hochberg, un autre américain, compositeur, et de Henri Baurel, fils de famille qui préfère la chanson aux entreprises familiales. Tous vont tomber amoureux de Lise Dassin, qui est déjà plus ou moins promise à Henri.

Milo Davenport, héritière américaine, décide de financer un ballet composé par Adam où Lise est choisie comme vedette et elle impose Jerry comme décorateur. Milo met le grappin sur Jerry mais celui-ci ne répond pas à ses avances car l’argent n’achète pas l’amour et il est amoureux de Lise qu’il rejoint l’après-midi. De son coté, Henri a bien compris que Lise s’est fiancée par devoir plutôt que par amour et, après le succès du ballet, l’emmène rejoindre Jerry.

Si l’histoire est un peu modifiée, le spectacle reprend la musique et les chansons du film, I got rythm, ‘S wonderful, A Stairway to paradise, dans des versions adaptées et sublimes. Il n’y a que très peu de scènes parlées, juste placées pour faire avancer l’intrigue, tout le spectacle est dansé, même l’évocation du Paris d’après-guerre, la Libération, l’épuration. Les nombreux ballets m’ont vraiment enthousiasmés, que ce soit la scène aux Galeries Lafayette, au cabaret et surtout le final, chaque tableau était beau, enchanteur et nous transportait dans un autre monde.

Tout le spectacle est beau, élégant, même les changements de décor donnent lieu à des entrechats ; les décors ont très simples et évoquent Paris sans en faire une caricature. J’ai adoré les ballets (comme quoi je peux aimer la danse !), les costumes qui évoquent l’art moderne et l’ambiance qui se dégage de cette féérie. Les artistes sont tous très bons, Leanne Cope est jolie comme tout et très fraiche dans le rôle de Lise et son partenaire Robert Fairchild dans le rôle de Jerry a tout autant de présence. Ce couple arrive à nous faire oublier ses prédécesseurs bien que le ballet garde une jolie coloration année 50 et comédie musicale.

Je n’ai qu’un mot à dire ‘S wonderful, ‘S marvelous !

An american in Paris, version 2014 créée au Châtelet, mise en scène et chorégraphie de Christopher Weldon