Le Grand Meaulnes

Grandmeaulnes[Ce billet a été écrit et programmé avant les attentats terroristes des 7 et 9 janvier 2015. Bouleversé par les événements, je n’ai pas pensé à le décaler.]

Le Grand Meaulnes est considéré comme un chef-d’œuvre mais ce n’est pas le souvenir que j’avais de cette lecture. Avec la célébration du centenaire du début de la Guerre de 14, on a reparlé de cet auteur disparu dans les premiers combatsA la relecture, j’apprécie ce roman et je comprends qu’il ne m’ait pas enthousiasmé adolescent ; je pense que le destin tragique d’Alain-Fournier et sa proximité avec Jacques Rivière a fait beaucoup pour sa popularité.

François Seurel et Augustin Meaulnes sont en cours supérieur dans la classe du père Seurel. Meaulnes est en pension chez les Seurel et une forte amitié les lient. Lors d’une promenade, Meaulnes se perd et arrive dans un château où une fête étrange et magnifique se déroule en attendant l’arrivée du fiancé, Frantz de Gallais. Augustin rencontre Yvonne de Gallais juste avant la fin des festivités interrompues faute de fiancée et par la fuite de Frantz.

Meaulnes ne se souvient pas du chemin pour retourner dans ce lieu enchanteur et cette recherche devient sa quête. Il est aidé par un saltimbanque de passage qui s’avère être Frantz, lui promet de rechercher Valentine, la fiancée, et part pour cela étudier à Paris.

Plus tard, Seurel retrouve le château et Yvonne, prévient Meaulnes qui revient et épouse Yvonne. Cependant, Frantz arrive le soir des noces et Meaulnes le suit à la recherche de Valentine et abandonne Yvonne. Celle-ci meurt en donnant naissance à une petite fille dont s’occupe Seurel en attendant le retour du père.

Meaulnes revient effectivement, ayant réussi à récupérer Valentine pour Frantz. Il est déçu d’avoir perdu sa femme et plutôt content d’avoir une fille et la fin laisse supposer qu’il repartira.

Ce roman est un drôle de mélange, élégiaque dans son évocation de la vie à la campagne et de la région du Cher, roman d’initiation avec ces grands ados qui découvrent le monde et sont dans une quête perpétuelle. Il y a un petit côté fantastique dans la fête du château perdu mais j’ai surtout l’impression que tout tourne autour de la quête d’un idéal impossible, d’un bonheur inassouvi ce qui rend ce roman mélancolique, voire déprimant.

Alain-Fournier – Le Grand Meaulnes – 1913