La main

Monde de Simenon Simenon a vécu un moment aux Etats-Unis et y a placé quelques unes de ses histoires. Certaines sont très typiques mais la plupart restent assez universelles et pourraient se dérouler ailleurs, comme celui-ci.

Donald Dodd est marié à Isabel depuis 17 ans, ils vivent dans le Connecticut et reçoivent leurs amis Ray Sanders et Mona. Ray et Donald on fait leur études ensemble, Donald s’est installé comme avocat et notaire à Brentwood alors que Ray est associé d’une grosse maison de publicité.

Les deux couples on été invités à une soirée qui a été très arrosée et sont bloqués par le blizzard sur le chemin du retour, à proximité de la maison qu’ils rejoignent à pied. En arrivant, on s’aperçoit que Ray est resté en route et Donald repart le chercher.  Au cours de la soirée, il a découvert Ray en train de faire l’amour avec la maîtresse de maison et, l’alcool aidant, il réalise qu’il le jalouse et le hait ; il s’abrite dans une grange et attend.

Ray ne revient pas, il sera découvert mort après la tempête mais un déclic s’est fait chez Donald qui regarde son monde différemment. Il commence à détester Isabel, sa sollicitude, son air calme qui lui fait croire qu’elle le juge en permanence.

Il s’enflamme pour Mona et commence une liaison avec elle alors qu’il règle la succession. La rupture va précipiter son mal-être et il sombre petit à petit. Ses amis s’inquiètent, sa femme tente de le comprendre et de le soutenir mais il va de plus en plus mal. Au moment de se suicider, c’est sur Isabel qu’il tire.

La 4e de couverture parle de l’histoire d’un pychopathe, le terme est sans doute exagéré mais c’est un beau cas psychiatrique qui nous est décrit. Un homme qui découvre tout d’un coup que son univers bascule, devient jaloux et envieux des autres et ne se rend pas compte que son entourage l’admire ; le tout agrémenté d’une crise de milieu de la vie et d’une envie de liberté.

Simenon –  La main – 1968