Mère Cuba

9782234062269Étonnant et très beau roman, intéressant tant par l’histoire que par son style.

Nadia Guerra est une jeune cubaine, fille d’un cinéaste reconnu mais condamné au mutisme par la censure. Elle même artiste assez rebelle, elle doit arrêter son émission de radio à cause de sa liberté de ton. Elle décide de profiter d’un séjour en Europe pour partir à la recherche de sa mère, mobilise les amis et les anciens amants de sa mère pour suivre sa trace avant de la retrouver à Moscou, mariée et en train de perdre la mémoire.

Alors qu’elle perd son père, elle réussit à faire rentrer sa mère à Cuba et va s’en occuper jusqu’à ce qu’elle se suicide. Dans les papiers de sa mère, elle va retrouver des traces du roman que sa mère avait écrit sur son amie et que le régime lui a volé. Ce roman était consacré à Celia Sanchez, une des dirigeantes de la révolution cubaine, très proche de Castro et icône à l’écoute du peuple. Cette partie du roman permet d’évoquer la révolution, mais surtout les années qui suivent.

Ce roman ne cesse de célébrer Cuba et les cubains, évoque les manques, les contraintes politiques, la censure et les livres cachés, les tiraillements, les envies d’ailleurs. C’est aussi un roman très personnel, assez amer et douloureux sur les relations avec les parents, le désespoir de les voir partir, qui offre une sensualité et un appétit de vivre extraordinaire.

J’ai trouvé les romans de Padura assez crépusculaires, je n’ai pas apprécié La douleur du dollar de Zoé Valdes mais Wendy Guerra, écrivain d’une génération plus récente, va me faire m’intéresser à la littérature cubaine contemporaine

Wendy Guerra – Mère Cuba, traduit par Marianne Millon – Stock 2009