Les tribulations du dernier Sijilmassi

9782260021414J’ai complémentent l’impression d’être passé à côté de ce livre ;  je ne l’ai peut être pas lu à la bonne période, au bon moment. Le sujet était prometteur mais je n’ai pas accroché, vite rebuté par le style déjanté.

Adam Sijilmassi est ingénieur, appelé à se déplacer souvent et tout d’un coup, lors d’une voyage en avion, il se dit qu’il veut ralentir, revenir au rythme de vie de ses aïeux. Sa décision inébranlable ne plait pas à sa femme qui voit s’envoler la position confortable, l’appartement de fonction, l’avenir prometteur, le rang social et s’en retourne chez sa mère.

Adam retourne dans le berceau familial, Azemmour, où il se fait héberger par une vieille tante. On pourrait croire à un roman sur le burn-out mais Adam, totalement occidentalisé et francophone, redécouvre les textes de philosophie arabe et la richesse la pensée islamique. Adam est vite pris entre deux feux et sommé de choisir entre le soutien du régime et mouvance islamiste.

Ce roman en dit beaucoup sur le Maroc, le fossé entre les élites francophones et le peuple, le rôle parfois sournois de la police… Il offre aussi une belle étude sur l’islam et les courants qui l’ont animé. Le personnage devient une espèce de héros picaresque, un Candide perdu à cause de sa philosophie.

Le style joue sur l’absurde, ça va bien un ou deux chapitres mais je me suis très vite lassé, surtout qu’il ne colle pas avec le propos. Adam n’arrête pas d’utiliser des citations d’auteurs français, leur accumulation et l’excès de parenthèses compliquent la lecture et j’ai rapidement décroché ; j’ai feuilleté et butiné jusqu’au bout, sans envie de reprendre.

Fouad Laroui – Les tribulations du dernier Sijilmassi – Julliard 2014