La chambre de Giovanni

giovanniCe roman me laisse un peu perplexe, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire au traitement légèrement mélodramatique. Il ne faut pas se fier à la 4e couverture qui pourrait faire croire à une histoire à la Jules et Jim, c’est plutôt La Confusion des sentiments qu’il faut évoquer.

David est un jeune américain qui vient trainer son ennui à Paris dans les années 50, il est fiancé à Hella, en voyage en Espagne au début de l’histoire. Désargenté, il profite de la prodigalité de Jacques à qui il se refuse en s’affirmant hétéro pur et dur, malgré une première aventure homo à l’adolescence. Il se retrouve avec Jacques dans un bar de nuit interlope qui appartient à Guillaume, comme Jacques attiré par les jeunes gens. Le bar est tenu par un nouveau barman, le beau Giovanni, qui se lie aussitôt d’amitié avec David. L’attirance est si forte qu’ils finissent au lit le soir même… Au bout de quelque temps, David se lasse et abandonne Giovanni sans préavis quand Hella revient sur Paris.

Hella et David ont le projet de se marier, ils partent dans le Sud avant de retourner aux États-Unis. Pour David, c’est le moyen de fuir Giovanni mais il se lasse vite d’Hella. Elle se doute de quelque chose mais ne comprend pas, découvre la vérité de façon abrupte et abandonne David. Pendant ce temps, Giovanni se retrouve à la merci de Jacques puis de Guillaume qu’il tue, cela ajoute un ressort dramatique qui frise le grand guignol.

L’histoire se passe dans les années 50 et on a affaire à un monde marginal avec les « garçons des rue » (prostitués), les folles, les travestis, les vieux à la recherche de minets. On sent bien que ce monde n’est pas la norme mais le récit reste assez intemporel quoiqu’un peu caricatural. Ce n’est sans doute pas facile de faire son coming out, cela l’était sans doute moins encore dans les années 50 mais j’ai trouvé le personnage un peu lâche et veule. David est un être qui ne s’aime pas, et qui ne sait sans doute pas aimer, et rend son entourage malheureux.

James Baldwin – La chambre de Giovanni, traduit par Elisabeth Guinsbourg – Rivages 1998