Au revoir là-haut

au-revoir-la-hautEt bien me voilà à lire le Goncourt 2013 alors que le 2015 est décerné ! Bon, j’ai du retard… et alors ? C’est vrai que j’aurais pu le lire plus tôt car c’est un bon roman, bien mené avec des personnages attachants ou totalement horripilants.

Ce roman commence en novembre 1918 avec l’attaque de la côte 113 menée par le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle. Dans cette attaque,  Albert Maillard se retrouve prisonnier d’un trou d’obus puis enseveli mais il est sauvé par Édouard Péricourt qui prend un éclat d’obus…
Les deux se retrouvent à l’hôpital militaire où Albert couve Edouard et l’aide de son mieux, jusqu’à falsifier son dossier et faire croire à sa mort. Pradelle suit le manège et va en devenir complice quand la sœur d’Henri vient réclamer son corps.

Le véritable danger pour le militaire ce n’est pas l’ennemi, c’est la hiérarchie.

On retrouve les protagonistes après-guerre, Albert a pris Édouard en charge et Henri a épousé Madeleine, la sœur d’Édouard. Pradelle s’appuie sur les relations de sa belle-famille pour monter des affaires et chercher fortune. Il a trouvé le bon filon et arrose suffisamment pour remporter le marché de la création des grandes nécropoles qui doivent regrouper les soldats tombés pour la France. A force de tirer les coûts, il crée les conditions de la catastrophe qui sera révélée par un fonctionnaire peu sympathique mais accrocheur. Comme il a réussit à se faire détester par sa femme et son beau-père, il n’obtient pas leur soutien et se retrouve écrasé par le scandale.

Pour un militaire, une guerre qui se termine, c’est pire que tout.

Pendant ce temps, Albert tire sa misère et tente de subvenir à ses besoins et à ceux d’Henri qu’il héberge. C’est la gueule cassée qui va les sortir d’affaire en utilisant son talent de dessinateur pour monter une arnaque qui se révèle juteuse.
Comme les personnages sont plutôt sympathiques, cette carambouille prend un air joyeux en opposition à celle du méprisable Pradelle qui parait sordide.

Tout est beau chez les riches, se dit Albert, même les pauvres.

La première partie qui se déroule sur le front donne une vision assez terrible des combats et de la bêtise militaire ; on y retrouve le souffle épique des grands récits de combattants. Ce roman est écrit dans un style assez agréable, même si les interpellations du lecteur n’apportent pas grand chose. Il est surtout servi par un sens de la formule qui fait mouche et donne une vraie couleur à ce roman.

Labourdin était un imbécile sphérique : vous le tourniez dans n’importe quel sens, il se révélait toujours aussi stupide, rien à comprendre, rien à attendre.

Pierre Lemaître- Au revoir Là-haut – Albin Michel 2013