La Nuit

9782707304070Ce livre émouvant est le récit de la déportation d’Elie Wiesel et de sa famille. Sa force est de rester très factuel, de ne pas surinterpréter malgré les descriptions terribles.

Wiesel est né en à Sighet en Transylvanie et la vie continuait normalement jusqu’à l’invasion de la Hongrie par les Allemands en  44. Les juifs sont d’abord rassemblés en ghetto avant d’être déportés vers Auschwitz.

Dès l’arrivée, la première sélection est effectuée, hommes d’un côté et femmes de l’autre. Wiesel est séparé de sa mère et de ses sœurs mais reste avec son père, ce qui sera un soutien pour les deux. Dès l’arrivée, il est confronté à l’horreur, aux enfants assassinés.

En quelques secondes, nous avions cessé d’être des hommes
Une flamme noire s’était introduite dans mon âme et l’avais dévorée.

Un déporté leur conseille de tricher sur leur âge, ce qui leur permet d’être orientés vers le camp de travail de Buna. Père et fils subissent les vexations, les privations, la sélection répétée mais tiennent le choc. Quand les déportés célèbrent Roch Hachanah, Wiesel sent que sa foi l’a quitté, lui qui était si religieux.

Béni soit le nom de l’Éternel mais pourquoi Le bénirai-je ? toutes mes fibres se révoltaient.

Cette révolte sera encore plus forte lors de la pendaison d’un jeune garçon :

Aujourd’hui je n’implorais plus. Je n’étais plus capable de gémir. Je me sentais au contraire très fort. J’étais l’accusateur, et l’accusé : Dieu.

A l’approche des Russes, le camp est déserté et les déportés sont expédiés vers Buchenwald par une marche forcée impitoyable. Wiesel retrouve son père malade, il partage sa soupe avec lui malgré les conseils de leurs compagnons mais n’ose le protéger alors que son père l’appelle dans son agonie. Les camps sont libérés peu après.

Je voulais me voir dans le miroir qui était suspendu au mur d’en face. Je ne m’étais plus vu depuis le ghetto.
Du fond du miroir un cadavre me contemplait. Son regard dans mes yeux ne me quitte plus.

Elie Wiesel –  La nuit – Minuit 1958