Évangile pour un gueux

Voilà un polar comme je les aime, un vrai roman noir qui sait jouer des travers de notre société.

Le roman commence par l’autopsie d’un jeune homme  noyé dans la Seine. Ce gamin est vite reconnu : c’est Mouss, le meneur de l’occupation de Notre-Dame par une bande de clochards quelques mois plus tôt.

Landard, le vieux briscard un rien raciste et faciste, et son acolyte Gombrowicz, le jeunot qui en pince pour la juge Kauffmann en charge de l’affaire, enquêtent chez les clochards et peinent un peu. Le roman reprend les personnages d’une première affaire.

En fait, une autre enquête se déroule en parallèle, menée par le père Kern qui est resté dans Notre-Dame occupée et qui a côtoyé les clochards. Ce prêtre fragile et plein de sollicitude reprend le film des évènements et finit par découvrir ce qui s’est passé.

La construction du roman est astucieuse, faite d’allers-retours entre Noël et Pâques, basée sur les souvenirs des personnages qui sont tous crédibles, avec des failles bien exploitées. Le roman évoque la misère, l’auteur n’a pas peur d’utiliser le mot « clochard » si souvent banni par le politiquement correct, ainsi que les groupuscules de tradi d’extrême droite ; on retrouve aussi le thème de l’Évangile de Judas dans le scénario, qui assure que la trahison de l’apôtre était nécessaire ; le tout donne un roman que l’on a du mal à lâcher avant la fin.

Alexis Ragougneau – Évangile pour un gueux – Viviane Hamy 2014

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