Nos disparus

Je suis tombé sur une pépite, ce roman a plein d’atouts et nous offre une formidable épopée.

Sam Simoneaux est un cajun du sud de la Louisiane monté à la Nouvelle-Orléans et bien décidé à abandonner le français pour s’intégrer. On le suit d’abord en 1918, il débarque en France le jour de l’armistice, est envoyé nettoyer les champs de bataille et récolte le surnom de Lucky.

Trois ans plus tard, on le retrouve surveillant d’un grand magasin où il ne peut empêcher l’enlèvement de la petite Lily Weller. Tout le monde le rend responsable, c’est pourquoi il part à la recherche de la gamine et qu’il se retrouve sur le bateau de croisière qui remonte le Mississippi où travaillent les Weller.

A la fois agent de sécurité et pianiste, Sam est confronté à la faune qui vient danser sur l’Ambassador : congrégations, voyous ou péquenauds du Sud profond qui viennent danser et boire malgré la Prohibition. La vie à bord est un monde en voie de disparition lié à la navigation sur le Mississippi (et il me fait penser à Twain), mais l’orchestre du bateau amène aussi la modernité avec le jazz joué par un orchestre noir.

Sam trouve les ravisseurs mais ne peut empêcher la mort du père de la petite, obnubilé par la vengeance. Il retrouve plus tard Lily qui a bien changé et a du mal a réintégrer son ancienne vie.

Ce roman foisonne de thèmes, il offre une magnifique description de la vie à peine civilisée des bords du Mississippi, nous emmène à la Nouvelle-Orléans, nous fait vibrer au rythme du jazz et nous plonge dans la vie des cajuns. Les péripéties de Sam le font revenir sur son passé et partir à la recherche de ses racines car sa propre famille a été assassinée alors qu’il était bébé. L’oncle qui l’a recueilli lui a inculqué l’idée que « le pêcheur se punit tout seul » et son absence de volonté de vengeance passe pour de l’indifférence.

La vengeance n’a jamais été mon truc, camarade.
Je ne suis pas assez riche pour me le permettre.

En plus de formidables aventures, ce livre apporte un réflexion profonde sur les liens familiaux, l’utilité de la vengeance. Une belle réussite !

Tim Gautreaux – Nos disparus, traduit par Marc Amfreville – Seuil 2014

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