Rome brûle

Cataldo nous avait offert un livre extraordinaire avec Romanzo criminale, portrait de l’Italie des années 70-80 décrite à travers le prisme de l’évolution d’un bande de malfrats.  Le romancier, magistrat au civil, s’est allié à un journaliste d’investigation pour décrire la déliquescence de la Rome contemporaine : Suburra. Je ne savais qu’ils venaient d’en publier la suite et je commence par ce second volume.

Ce livre décrit la collusion des politiques avec les bandits, les magouilles et la lutte de pouvoir tant des mafieux que des politiques ; c’est un excellent roman noir, quoique moins puissant que le réquisitoire virulent qu’était Romanzo Criminale.

Samouraï, gangster en chef qui régnait sur Rome est en prison, en attente d’un procès (je suppose qu’il est le personnage central de Suburra). Son business est dans les mains de son second Sebastiano Laurenti qui gère mais voit s’élever la concurrence d’un de ses subalternes, Fabio Desideri, alors que de gros marchés se négocient. En effet, un nouveau Jubilé est décidé par le pape et doit occasionner de nouveaux travaux gigantesques, belle occasion de piller l’État.

D’un coté, la rivalité des mafieux qui se déclarent la guerre ; de l’autre les ambitions politiques de jeunes loups qui cherchent à se faire un place et à dégager les caciques de partis vieillissants ; entre les deux, L’Église. Le roman est basé les ponts entre les différents camps et prouve qu’ils ne font pas de bien à la démocratie.
Je ne suis pas assez au fait des subtilités de l’évolution des communistes en Parti démocrate pour avoir saisi tout le sel des rivalités politiques, mais le roman est une charge contre les compromissions, les veuleries, les jeux d’appareil.

A l’heure où je lis ce roman, la maire Cinque Stelle est accusée de corruption, comme quoi le fond du roman est très réaliste.

Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo – Rome brûle, traduit par Serge Quadruppani – Métaillé 2016