Le club des vieux garçons

La famille de Rupignac est de vieille noblesse. Le château familial a disparu lors dernières guerres mais les principes restent : le duc, général à la retraite, et la duchesse habitent faubourg St Germain, rue de Grenelle. Le général et son épouse ont le verbe haut, volontiers ordurier, leur extravagance reste très proustienne et ravit leur petit-fils François.

La fréquentation assidue de ce reliquat de monde perdu influe fortement François qui sera vieux sans jamais avoir été jeune et se plait à se considérer différent, rebelle au monde actuel. Il partage son dédain des contemporains avec son ami Pierre et crée Le club des vieux garçons qui accueille les inadaptés sociaux, incapables ou refusant de s’intégrer à la société moderne. François de Rupignac engloutit avec panache une partie de la fortune familiale dans ses excentricités bien imbibées avant d’en voir l’inanité. Ce côté pseudo-philosophique est un peu lourd et maladroit, en tout cas pas convaincant.

J’ai beaucoup ri à la première partie de ce livre, je trouve que la suite n’est pas du même niveau, même si elle offre quelques saynètes savoureuses notamment la description du Jockey club et de son examen d’admission ou la correction d’un intellectuel pompeux. Je ne sais pas à quelle branche des La Rochefoucault l’auteur appartient mais sa description un peu acerbe de cette noblesse fin de race fait mouche.

Le livre est sauvé par la truculence des personnages : le grand-père, vieille ganache, est touchant ; l’oncle Albert, buveur repenti nous convainc avec ses chasses éternelles ; la grand-mère est un peu fofolle mais tellement attendrissante…

Louis-Henri de La Rochefoucauld – Le club des vieux garçons – Stock 2017

Livre offert par Stock dans le cadre d’une Masse critique organisée par Babelio, je remercie l’éditeur et Babelio.

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