Le droit à la paresse

La campagne présidentielle, et les débats des primaires qui l’ont précédée, ne sont pas d’un niveau très élevé, loin de là. En revanche, l’utopique « revenu universel » remet en avant la question du partage du travail et montre l’opposition entre les tenants de la « valeur travail » et ceux qui croient que la machine (ou la technologie) enlève des emplois et qu’il faut donc partager ceux qui restent.

Cet environnement m’a incité à relire Le droit à la paresse, pamphlet de Paul Lafargue paru en 1880. Pour situer le personnage, Lafargue est le gendre de Marx, tout à tour communard, fondateur du Parti ouvrier avec Jules Guesde, dreyfusard et député socialiste.

Lafargue s’élève contre le droit au travail promu par la révolution de 1848, dénonce les journées de 12 heures et plus, y compris pour les jeunes enfants et regrette que les ouvriers français ne soient pas plus revendicatifs. Les ouvriers étant moins productifs que les machines, les patrons ont supprimé les jours fériés et augmenté le temps de travail. Lafargue plaide pour une diminution de la journée de travail et donne en exemple des Anglais qui ont diminué de 2 heures la journée mais ont gagné en productivité. En corolaire, il propose aussi une augmentation des salaires qui imposera une mécanisation accrue et permettra aux ouvriers de consommer leur production.
Le texte est une charge contre la surproduction qui est suivie de chômage et propose (déjà) le partage du travail ou au moins sa meilleure répartition…

Les propos de Lafargue, anticapitalistes anticolonialistes,  peuvent être assez violents. La félicité de l’ouvrier s’accompagne du déclassement des bourgeois et les délires utopiques de Lafargue pourraient faire sourire mais ne sont pas si loin du discours des candidats les plus à gauche.

Paul Lafargue – Le droit à la paresse – Mille et une nuits 1994

 

Je découvre que Moustaki a célébré Lafargue dans une chanson :

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