Le tour du monde du roi Zibeline

Rufin nous emmène au XVIIIe siècle et nous fait découvrir un aventurier philosophe. Sa version romancée de la vie d’Auguste Benjowski, basée sur les Mémoires de ce personnage historique, est plus flatteuse que la fiche wikipedia du bonhomme (voir Maurice Beniowski).

Auguste Benjowski, fils de nobles hongrois, a reçu les leçons d’un précepteur français qui lui a inculqué les principes de la philosophie des Lumières. Très jeune, il part servir l’Empire (hussard, bien sûr), avant de rejoindre la Pologne. Il refuse la domination russe et combat vaillamment avant d’être fait prisonnier.

Après une tentative d’évasion, il est exilé au bout de la Sibérie, au Kamtachtka. Là il s’attire les bonnes grâces du gouverneur et de sa fille, mais dirige une rébellion d’exilés qui s’enfuient en volant un navire. Les mois suivants lui font explorer le Pacifique Nord, premier navigateur à tracer cette route : Alaska, Aléoutiennes, Japon, Formose, Canton avant d’arriver à Macao.

Il rejoint la France, propose d’établir une colonie à Formose mais on préfère l’envoyer conquérir Madagascar. Malgré les réticences et les embuches des autorités de l’ile Bourbon, il parvient à s’établir, rassemble les différents peuples de l’île et met en place des institutions cohérentes avec ses principes philosophiques. Il repart chercher du renfort en Angleterre puis en Amérique, avant de revenir bien des années plus tard à Madagascar.

Ce roman nous présente un destin et une aventure assez extraordinaires. Rufin fait raconter ce récit à Benjamin Franklin par Auguste et son épouse Anaphasie et nous plonge dans le  XVIIIe siècle de la Guerre de 7 ans, des grands explorateurs (Cook, Kerguelen), nous emmène à la cour de France ou nous fait découvrir des terres quasiment sauvages. Tout pour plaire et pourtant, je ne trouve pas ce livre totalement enthousiasmant, le récit d’Auguste est trop descriptif, trop distancié. Heureusement, Anaphasie prend largement sa part dans le récit, et apporte cette part de romanesque, de sensibilité et d’humanité. C’est voulu par l’auteur mais la différence entre les deux styles déséquilibre le récit.

Jean-Christophe Rufin – Le tour du monde du roi Zibeline – Gallimard 2017

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