L’adieu à la femme rouge

Comme toujours, Vénus Khoury-Ghata nous offre un bijou de style et de poésie qui valorise une histoire poignante.

Zina et Zeit sont jumeaux, leur mère les a laissés pour suivre un photographe fascinée par cette « femme d’argile du fond du désert. » Lorsque leur père se décide à retrouver sa femme, il emmène les enfants, abandonne l’oasis, traverse l’Afrique et se retrouve à Séville. Là, ils retrouvent trace de la mère qui étale sa nudité sur les murs, se fondent dans le paysage et s’intègrent dans la petite communauté de clandestins dirigée par Baobab.

La mère empêche qu’ils soient expulsés mais le lien familial n’existe plus. Les enfants sont envoyés dans un pensionnat dont ils s’échappent, Zina devient mendiante et Zeit pickpocket alors que leur père a trouvé un idéal en promenant des chiens.

La mère perd de sa gloire de mannequin vedette, accepte des jobs alimentaires et tombe gravement malade alors que Zina se prend de passion pour l’image du Christ et s’éloigne de son frère, cette obsession devient maniaque et pathologique. Zeit, tagueur clandestin, est pris en charge par une galeriste et devient peintre recherché mais, au fil de ses toiles, recherche toujours l’image de sa sœur perdue.

Ce livre redoutablement puissant se déguste à petites gorgées. Les nombreux thèmes qui courent dans ce livre, la maternité, les migrants, la recherche de la notoriété, sont évoqués avec beaucoup de sensibilité, loin des démonstrations pesantes.

Vénus Khoury-Ghata  L’adieu à la femme rouge  – Mercure de France 2017

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