Quand sort la recluse

Je vais me répéter mais c’est toujours un grand plaisir de lecteur de se plonger dans les romans de Fred Vargas. C’est superbement écrit, les intrigues sont originales et et ses personnages sortent de l’ordinaire.
Oubliez le polar écrit à la chaine, là vous avez du premier choix !

Notre Adamsberg revient péniblement d’Islande (voir Temps glaciaires) et, toujours dans ses brumes,  nous bluffe en résolvant aisément une enquête où sa brigade piétine. Alerté par Voisenet sur des morts dues à la morsure d’une araignée, il décide de se pencher de plus près sur cette histoire malgré Danglard qui s’oppose à lui sur cette piste qui lui parait trop fumeuse. Adamsberg va mener cette enquête malgré l’opposition farouche de son adjoint, mais avec l’appui de Veyrenc, et réussit à embarquer sa brigade grâce à une comparaison avec Magellan.

Beaucoup de fausses pistes et d’échecs dans cette enquête où Adamsberg paraît encore plus fragile et perturbé par ses souvenirs. Elle nous emmène sur la trace de la « bande des recluses », soudée par ses méfaits dès sa jeunesse dans un orphelinat et qui n’a cessé ses violences. Ses membres sont qualifiés de « blaps immondes », en référence au scarabée puant mais Adamsberg va tout de même essayer de stopper leur massacre. Cette histoire qui joue sur les différentes acceptions de recluse, araignée ou emmurée, perturbe pas mal le commissaire, plus solitaire que jamais, guidé par les « bulles gazeuses » qui se forment dans son esprit et se transforment en « proto-pensées ».

Notre commissaire fétiche, moins rationnel que jamais, va bien évidemment comprendre les motivations du tueur et le démasquer mais l’essentiel de l’histoire réside dans une approche terriblement sensible et inhabituelle du sujet. Une fois de plus, Fred Vargas nous surprend par sa maîtrise et son grand art.

Fred Vargas – Quand sort la recluse – Flammarion 2017

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