Les Malaussène

Comme prévu, je me suis fait des vacances Pennac : j’ai repris ses 4 premiers livres et j’ai passé un été sans prise de tête côté lecture. Ces romans ont tous une intrigue de polar (mais du drôle, à la Chester Himes), ce n’est peut être pas de la grande littérature mais ces livres sont pleins de vie et fort réjouissants.

Ces romans nous plongent dans l’univers de la famille Malaussène, fratrie aux pères tous différents dont l’ainé, Benjamin, assure la direction. Il ne faut pas chercher la vraisemblance dans les histoires qui virent parfois au Grand-Guignol mais les membres de cette tribu sont extraordinaires et les personnages secondaires sont tous très réussis.

Cette tribu qui habite Belleville est donc initialement constituée de Benjamin, Louna, Clara, Thérèse, Jeremy et le Petit. S’ajoutent Maman, toujours absente, partie avec un amoureux ; Julius, le chien épileptique, et les Ben Tayeb, Amar et Yasmina et leur fils Hadouche.

Les histoires sont bien implantées dans leur époque et leur environnement : Belleville et sa destruction dans La fée Carabine et Monsieur Malaussène, le cirque de l’édition dans La petite marchande de prose et celui du cinéma dans Monsieur Malaussène.

Le bonheur des ogres

Dans ce premier roman, nous découvrons le rôle de « bouc émissaire » de Benjamin, employé par le magasin pour se faire engueuler dès qu’il y a une réclamation, avec pour résultat un abandon des plaintes des clients mécontents. Alors que le Petit rêve d’ogres de Noël, un petit vieux est tué par une bombe dans le magasin, début d’une série de meurtres. Fidèle à son rôle de bouc émissaire, Benjamin est le coupable idéal pour ses collègues et la police. Il faudra la perspicacité du commissaire Coudrier et l’aide de Jeremy pour dénouer l’intrigue.

Au cours du roman, on découvre les dons de voyance de Thérèse, la passion de Clara pour la photographie, l’inventivité de Jeremy qui va faire brûler son collège, la sagesse de Stojil, le joueur d’échecs, et surtout Benjamin rencontre Julie, d’abord surnommée Tante Julia.

A la fin du roman, Benjamin est embauché par la Reine Zabo aux éditions du Talion pour continuer son rôle de bouc émissaire et Julie parle d’enquêter sur un trafic de drogues qui cible les vieux.

La fée carabine

Le début commence comme un vrai polar avec affaires parallèles : un flic du commissaire Cercaire se fait tirer dessus par une vieille dame et une jeune femme est balancée dans la Seine, ce qui intéresse l’inspecteur Pastor.

Pendant ce temps, des vieilles dames se font égorger et dépouiller à Belleville ; la tribu a accueilli 4 vieillards et Julie a disparu. Les pandores de Cercaire vont faire une descente et Benjamin va bien évidemment se trouver pris comme cible privilégiée alors même qu’il doit négocier avec un ponte de l’architecture un délai pour un livre à paraître.

Cette histoire nous fait découvrir les inspecteurs Pastor, l’as de l’interrogatoire, et Van Thian, qui se déguise en veuve Ho. Il nous promène dans Belleville qui commence à disparaître et nous fait assister à la naissance de Verdun, nouvelle sœur de Benjamin.

Les intrigues sont excellentes, c’est sans doute le meilleur de la série au niveau du scénario.

La petite marchande de prose

Clara se marie et Benjamin en est tout troublé. Le futur, directeur de prison, est tué avant le mariage et Coudrier recommande bien à Benjamin de se tenir éloigné de l’enquête. Il obtempère d’autant plus aisément qu’il doit endosser le personnage d’un romancier des éditions du Talion que personne n’a vu.

Lors d’une conférence, on tire sur Benjamin qui se trouve en état de mort clinique. Il devient l’enjeu d’une guerre entre les médecins Marty, déjà rencontré dans les précédents livres, et Berthold qui sera surveillé par Jeremy.

Julie qui s’était fâchée avec Benjamin est suspectée mais elle mène l’enquête de son côté et il se trouve que cette affaire est liée à la mort du fiancé de Clara. Van Thian, adopté par la famille, est tué à la fin pour sauver Benjamin et Clara donne naissance à C’est un ange. En dépit de toute attente, Benjamin ressuscite grâce à Berthold, cette fin pas du tout crédible permet toutefois de continuer la série.

Monsieur Malaussène

Si le 3e m’a un peu moins enthousiasmé, le 4e est une belle réussite, avec un renouvellement des personnages secondaires. Ce roman permet de garder l’écho de la sauvegarde du dernier cinéma de Belleville, Le Zèbre.

Julie attend un enfant et Benjamin est complètement déboussolé. Belleville continue de disparaître et les jeunes Malaussène montent une surprise de taille pour l’huissier qui doit venir chez les Ben Tayeb.
Gervaise, la fille de Van Thian dont on a déjà entendu parlé, s’inquiète de la disparition de ses repenties. Entourée de policiers et de maquereaux, elle enquête.
Enfin, le serrurier Cissou se suicide mais son corps recouvert de tatouages est l’objet de convoitises.

Julie et Benjamin vont dans le Vercors récupérer une collection de cinéphile mais la maison explose et Benjamin se retrouve accusé de 21 meurtres par Legendre qui a succédé à Coudrier. Julie, recherchée elle aussi, se rapproche de Gervaise et elles enquêtent de concert.

Une partie du récit est faite par Jeremy pendant que Benjamin est en prison ; il est pris en main par la reine Zabo après des essais de théâtre. L’histoire est bien entendue délirante, comme les précédentes, avec une bonne sœur enceinte, un Berthold amoureux, Coudrier de retour, mais elle complexe à souhait, bien menée, renouvelle les personnages et offre de beaux portraits.

La série comprend aussi une nouvelle, Des chrétiens et des maures, parue en feuilleton et le dernier volume, que je ne crois pas avoir lu, en tout cas qui n’est pas à la maison : « Les fruits de la passion ».

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